
2030 Glorieuses
154 : Rob Hopkins : « Si vous passez du temps avec ceux qui agissent et que vous n'êtes pas optimiste, c’est que vous n'avez pas de cœur. »
·1h 8m
Bienvenue en 2030 Glorieuses, le podcast pour raconter les mondes de demain ! On nous répète partout que demain est foutu, qu’il est trop tard et que nous n’avons d'autre choix que de limiter les dégâts. À force de l'entendre, nous avons fini par mettre nos rêves en pause pour devenir les simples gestionnaires de notre propre extinction. Pourtant, je reste convaincu d'une chose : l'avenir ne se gère pas, il se rêve. Aujourd'hui, j'ai l'immense honneur de recevoir l'entraîneur en chef de notre muscle utopique : Rob Hopkins. Fondateur du mouvement des "Villes en Transition", Rob a semé des graines de possibles de Totnes jusqu'aux quatre coins du globe. Pour lui, l'imagination n'est pas un luxe, c'est un acte de résistance politique radical. ⚠️ À noter : Cet entretien a été réalisé en anglais. Pour vous accompagner, j'ai préparé une introduction détaillée en français et vous trouverez la transcription intégrale traduite sur 2030glorieuses.org. Ne manquez pas l'énergie de Rob, elle est contagieuse ! Avec lui, nous allons apprendre à : - Passer du « Oui, mais » au « Et si ? » - Saturer le futur de récits désirables pour sortir de la paralysie. - Découvrir la ville de 2036, où le bitume a laissé place au vivant. Et pour retrouver notre galaxie utopiste, rendez-vous sur 2030glorieuses.org. Le podcast est soutenu par La Nef, la coopérative bancaire citoyenne qui soutient depuis plus de 30 ans les porteurs de projets sociaux, écologiques et culturels. Plus d’infos sur lanef.com. 🇫🇷Voici la retranscription complète de notre échange avec Rob Hopkins : Après avoir compris que mon muscle utopique avait besoin d'exercice, il me fallait rencontrer l'entraîneur en chef. Celui qui, depuis Totnes en Angleterre, a essaimé des graines de possibles dans des milliers de villes à travers le monde. Rob Hopkins ne se contente pas de rêver, il installe des infrastructures pour que le rêve devienne inévitable. Julien : Pour commencer, quelle place les rêves occupent-ils dans ta vie, Rob ? Rob Hopkins : Pour moi, ils sont essentiels. Dans tout mon travail, je cherche cet équilibre entre le rêve et l’action. Je cite souvent Mariam Kaba, une activiste incroyable pour l’abolition des prisons aux États-Unis, qui dit : « Nous devons imaginer tout en construisant ». Toujours les deux à la fois. Nous vivons une époque où le futur est, d'une certaine manière « annulé » ou « colonisé », ce qui est profondément dangereux. Mon rôle est de reconnecter les gens à cette part d'eux-mêmes capable de projeter plus grand que ce qu'ils ont sous les yeux. Si nous perdons notre muscle imaginaire, nous perdons notre capacité à habiter l'avenir. Beaucoup de gens aujourd’hui n'arrivent même plus à imaginer un futur qui les inclut. C’est pour cela que l’afrofuturisme est un mouvement si puissant : c’est une génération de personnes noires qui, ayant grandi avec une science-fiction où elles étaient absentes, ont décidé de se réinscrire dans le futur. Dans les années 60, tout semblait possible : la légalisation de l'avortement, celle de l'homosexualité… Il y avait un élan, une accélération vers le mieux. Des leaders comme Martin Luther King ou Bobby Kennedy parlaient de l’avenir d’une manière qui vous en rendait amoureux. Aujourd'hui, cela a disparu. Je vois mon travail comme une expérience de « rêve fondé sur des preuves ». Il ne s'agit pas de dire que le changement climatique va disparaître par magie. Mais si nous n'imaginons pas les meilleurs scénarios possibles au cœur de la crise, nous ne pourrons jamais les créer. Nous devons créer des « souvenirs du futur » pour offrir aux gens de nouvelles étoiles polaires. Julien : Te souviens-tu de ton premier acte d'insubordination intellectuelle ? Ce moment où tu as dit « non » au futur catastrophique qu'on te promettait ? Rob Hopkins : Il y en a eu plusieurs, mais le premier remonte sans doute à mes 13 ans. Le punk a été une influence majeure. Je fais partie de cette génération pour qui l’école était si médiocre qu'el
