
Avec leur nouvel album “Protégé.e”, le duo Terrenoire, composé des frères Raphaël et Théo Herrerias, frappe un grand coup. Ce deuxième opus est un véritable bijou d’audace et d’émotion brute, confirmant leur place singulière dans le paysage musical français. Après le succès de leur premier opus “Les Forces Contraires”, couronné par une Victoire de la Musique en 2022, les frères originaires de Saint-Étienne livrent ici une œuvre ambitieuse, à la fois intime et universelle, qui interroge les notions de protection, d’identité et de résilience. “Protégé.e” est le résultat d’un travail minutieux, presque artisanal. En deux ans, les frères ont créé une cinquantaine de morceaux pour n’en garder que quatorze, chacun soigneusement peaufiné. L’album mélange habilement sonorités électro, piano, instruments acoustiques et production expérimentale. Ils explorent des territoires sonores éclectiques allant de la chanson française à l’électro en passant par le hip-hop ou encore l’afropop. Musicalement, “Protégé.e” alterne entre sobriété et grandiloquence. Ils mêlent des arrangements délicats et des élans grandioses et savent aussi s'aventurer dans des expérimentations plus audacieuses. Tout cela est porté par des textes profondément humains, qui parlent autant à l’âme qu’à l’esprit. Les thèmes abordés sont riches et variés, souvent inspirés de l’intime. Le corps y tient une place centrale : tantôt vulnérable, exalté, oppressé ou libéré. Ils évoquent la maladie d’un être cher et explorent aussi le lien entre l’individuel et le collectif. Ils rendent aussi hommage à Zidane, tout en soulignant son audace et sa singularité. Moins légers, ils nous invitent aussi à nous questionner face aux violences du monde. Cet album est également un hommage à leurs racines stéphanoises, à leur quartier de Terrenoire et à son héritage ouvrier. Ce lien avec leur terre d’origine infuse tout au long de leur musique. Cet ancrage fort laisse la plage à des messages d’ouverture et de solidarité. “Protégé.e” est un disque qui s’écoute autant avec le cœur qu’avec les oreilles, et qui confirme que les frères Herrerias sont des artisans de l’émotion.
Podcast
ALBUM DE LA SEMAINE