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30 ans après l'arrivée d'ours slovènes dans les Pyrénées, la consanguinité pose problème
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durée : 00:02:33 - 30 ans après l'arrivée d'ours slovènes dans les Pyrénées, la consanguinité pose problème - par : Camille Crosnier - Alors qu'une statue était inaugurée samedi 23 mai pour les 30 ans de la première introduction d'ours slovènes dans les Pyrénées, l'avenir des plantigrades n'est pas assuré, entre contestation toujours vive des éleveurs et problèmes de consanguinité. Dans les Pyrénées, l’ours refait parler de lui : pas pour un acte de prédation cette fois, mais pour l’inauguration samedi dernier d’une statue en bronze, d’ours, sculptée par le récemment disparu Michel Bassompierre, c’était dans la commune d’Arbas en Haute-Garonne pour célébrer les 30 ans, tout juste de la toute première introduction d’ours slovènes (les 19 mai et 2 juin 1996). Et les anti-ours étaient aussi de la partie, à coups de cloches ou de sirènes pour masquer les discours officiels de l’inauguration, mais ce sont surtout les mots de différents communiqués qui ont frappé le plus fort : « un acte d’une indécence profonde » pour l’Association de sauvegarde du patrimoine d’Ariège Pyrénées en première ligne contre le plan ours, « honteux et dégueulasse », une « infamie », pour la chambre d’agriculture de l’Ariège où vivent 80% des ours bruns introduits. 108 ours aujourd'hui dans les Pyrénées menacés par la consanguinité D’après les dernières estimations de l’Office français de la biodiversité, en 2025, il y avait 108 ours dans les Pyrénées, alors qu’avant 1996, il n’y en avait plus que 5… Le tout à partir de 11 lâchers au total, les deux derniers remontant à 2018. Les ours bruns se sont donc bien reproduits et ont pu échapper ainsi à l’extinction en France, mais il y a un problème, qui fait de plus en plus parler : la consanguinité. Certains spécialistes parlent de « bombe génétique », qui les fragilise face aux maladies mais aussi pour s’adapter au dérèglement climatique en particulier, en plus de baisser potentiellement la fertilité et le nombre d’oursons par portée… Une étude est en cours menée par le Muséum national d’histoire naturelle et l'Université suédoise des sciences agricoles. En fait, 90% des ours présents aujourd’hui dans les Pyrénées sont les descendants du mâle Pyros, qui avait été lâché en 1997. Sur les 11 lâchers en 30 ans, on compte trois mâles. L’association Adet-Pays de l’ours plaide pour un nouveau plan national en faveur du plantigrade incluant le lâcher de 30 ours d'ici 2040, une nécessité scientifique dit-elle si on veut que la population survive à terme. La prédation des troupeaux toujours réelle mais en baisse continue Mais vous vous doutez bien que c’est hors de question pour les éleveurs, qui refusent de cohabiter et de subir les attaques sur leurs troupeaux. « N’imaginez pas une seconde lâcher un ours de plus dans les années à venir » menace la Chambre d’agriculture ariégoise. La prédation reste une réalité, mais elle baisse, d’après l’OFB, toujours, et la préfecture de l’Ariège : 289 attaques de troupeaux en 2025 contre 310 en 2024, 349 en 2023… pour des pertes de 510 animaux… Baisse probablement due aux mesures de protection aidées financièrement et autorisées par l’Etat : embauches de bergers, chiens, clôtures électriques, et tirs d’effarouchement. Mais la question depuis 30 ans est toujours la même : comment concilier pastoralisme et préservation d’une espèce sauvage majeure ? La très belle statue de bronze médite peut-être là-dessus, mais bon courage pour trouver une réponse. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France .

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