1902 : l’éruption de la Montagne Pelée qui a détruit Saint-Pierre et fait 28 000 morts
Autrement l'Histoire

1902 : l’éruption de la Montagne Pelée qui a détruit Saint-Pierre et fait 28 000 morts

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Le 8 mai 1902, peu avant huit heures du matin, Saint-Pierre se réveille au pied de la montagne Pelée. Depuis plusieurs jours, la situation est inquiétante. La terre tremble, les explosions se succèdent, les cendres recouvrent les rues et des habitants des campagnes voisines sont venus chercher refuge en ville. Trois jours plus tôt, une coulée de boue a même fait ses premières victimes. Pourtant, Saint-Pierre est toujours là. La veille encore, une commission chargée d’évaluer la menace a conclu que la ville était en sécurité. Puis, en quelques minutes, tout bascule. Une masse brûlante dévale les pentes de la montagne et atteint la ville. Saint-Pierre disparaît presque entièrement. Le bilan traditionnel évoque environ 28 000 morts. Si vous souhaitez soutenir mon travail et m’aider à continuer à produire ces récits, vous pouvez rejoindre le Tipeee d’Autrement l’Histoire, le lien est dans la description. Comment une ville entière a-t-elle pu rester au pied d’une montagne qui donnait autant de signes inquiétants ? C’est justement toute la question. Car contrairement à ce qu’on pourrait croire aujourd’hui, les habitants de Saint-Pierre savent parfaitement qu’ils vivent près d’un volcan. La Pelée s’est déjà réveillée par le passé. En 1792, puis surtout en 1851-1852, elle a produit des explosions et des retombées de cendres. Mais elle n’a jamais provoqué de catastrophe comparable. En 1902, ce souvenir va compter. À la fin du mois d’avril, l’activité augmente progressivement. Les explosions deviennent plus fréquentes, les cendres atteignent Saint-Pierre et la situation se dégrade autour de la montagne. Puis, le 5 mai, le premier véritable drame se produit : une coulée de boue dévale la rivière Blanche et détruit l’usine Guérin, faisant une vingtaine de morts. La Pelée vient de prouver qu’elle peut tuer. Mais ce drame produit aussi un effet trompeur. La coulée a suivi une vallée bien précise, à l’écart de Saint-Pierre. Pour les autorités comme pour une partie des habitants, le relief semble donc protéger la ville. Une erreur de raisonnement compréhensible avec les connaissances de l’époque, mais qui va devenir tragique. Car en 1902, la volcanologie existe déjà, mais elle ne dispose pas encore des moyens permettant de comprendre précisément ce qui se prépare sous la Pelée. Et surtout, le phénomène qui va détruire Saint-Pierre reste encore très mal connu. À cette incertitude scientifique s’ajoute un contexte politique particulièrement tendu. La Martinique est en pleine période électorale. Le premier tour des législatives a eu lieu le 27 avril et le second doit se tenir le 11 mai. Après la catastrophe, une accusation va traverser les décennies : les autorités auraient-elles volontairement empêché l’évacuation de Saint-Pierre pour permettre aux élections d’avoir lieu ? Nous verrons ce que les sources permettent réellement d’affirmer, et ce qui appartient davantage à la légende. Nous suivrons également les dernières heures de Saint-Pierre, la commission réunie le 7 mai, l’arrivée du gouverneur Louis Mouttet et de son épouse dans une ville qu’ils pensent eux-mêmes suffisamment sûre pour y passer la nuit. Puis viendra le matin du 8 mai. Pour comprendre ce qui s’est produit, il faudra entrer dans le fonctionnement même de la montagne Pelée : comprendre ce qu’est un courant pyroclastique, pourquoi il ne s’est pas comporté comme les phénomènes observés les jours précédents et comment il a pu atteindre Saint-Pierre avec une telle rapidité. Enfin, cette catastrophe va profondément faire progresser la connaissance des volcans. Les travaux menés après le désastre, notamment ceux d’Alfred Lacroix, permettront de mieux comprendre ces terribles « nuées ardentes » et feront de la montagne Pelée l’un des volcans les plus étudiés de son époque. Un récit de Tim Girard

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