
Autrement l'Histoire
Le massacre oublié du 17 Octobre 1961 : aux origines de la guerre d’Algérie
·1h 31m
Soutenez mon travail sur Tipeee pour permettre la production de nouveaux récits historiques immersifs et documentés ICI 17 octobre 1961. Paris. Des milliers d’Algériens quittent les bidonvilles et les quartiers populaires de la région parisienne pour manifester dans les rues de la capitale. Hommes en costume, femmes élégantes, familles entières parfois. Le FLN appelle à défiler pacifiquement contre le couvre-feu imposé uniquement aux “Français musulmans d’Algérie” par le préfet de police Maurice Papon. Mais cette nuit-là, Paris bascule. Dans les rues, sur les grands boulevards, autour du pont Saint-Michel, les forces de police fondent sur les manifestants. Arrestations massives. Coups de matraque. Manifestants jetés dans des bus, enfermés dans des centres de détention improvisés comme le Palais des Sports ou le stade Pierre-de-Coubertin. Certains disparaissent. D’autres sont retrouvés morts dans la Seine. Comment la France et l’Algérie ont-elles pu en arriver là ? Pour comprendre cette nuit de violence, il faut remonter bien avant la guerre d’Algérie. Bien avant le FLN. Bien avant le terrorisme, les attentats, l’OAS ou les accords d’Évian. Tout commence en 1830 avec le débarquement français en Algérie et une conquête coloniale d’une extrême brutalité. Progressivement, la France transforme l’Algérie en colonie de peuplement. Des milliers d’Européens s’installent sur les terres confisquées aux populations locales. Après la grande révolte de Mokrani en 1871, la colonisation s’accélère encore. La société coloniale se structure autour d’une profonde inégalité politique, sociale et économique entre Européens et musulmans algériens. Dans les années 1920 et 1930, les premiers mouvements nationalistes apparaissent. À Paris, une police spécialisée surveille déjà les Nord-Africains. Après la Seconde Guerre mondiale, l’espoir d’une réforme politique se heurte aux fraudes électorales et au verrouillage du système colonial. Beaucoup comprennent alors qu’aucune égalité réelle ne sera accordée. En 1954, le FLN lance l’insurrection de la Toussaint rouge. La guerre d’Algérie commence. Très vite, le conflit devient l’un des plus violents et traumatiques de l’histoire française contemporaine : guérilla, attentats, torture, répression, exécutions, déplacements de populations, guerre psychologique, affrontements entre nationalistes algériens, radicalisation des partisans de l’Algérie française… À Paris comme en Algérie, la violence s’installe partout. Le retour de Charles de Gaulle en 1958 marque un tournant. Mais lorsqu’il ouvre progressivement la voie à l’autodétermination, une partie de l’armée et des ultras de l’Algérie française se retourne contre lui. Putsch des généraux, création de l’OAS, attentats, manifestations réprimées dans le sang… La France s’enfonce dans une crise politique et morale immense. Puis vient 1962. Les accords d’Évian. L’indépendance. L’exode massif des pieds-noirs. Les massacres de harkis abandonnés en Algérie. Les violences d’Oran du 5 juillet 1962. Et une guerre qui laisse des blessures profondes des deux côtés de la Méditerranée. Une plongée dans l’une des pages les plus douloureuses, complexes et explosives de l’histoire contemporaine française. Un récit de Tim Girard

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