USS Indianapolis : le naufrage au milieu des requins
Autrement l'Histoire

USS Indianapolis : le naufrage au milieu des requins

·56 min
Télécharger
Si vous aimez Autrement l’Histoire et que vous voulez soutenir l’émission, vous pouvez rejoindre les soutiens sur Tipeee. Merci à tous les tipeurs <3 Juillet 1945. La Seconde Guerre mondiale touche à sa fin. L’Allemagne nazie a capitulé, mais dans le Pacifique, les combats continuent contre le Japon impérial. Depuis des mois, les États-Unis avancent d’île en île vers l’archipel japonais dans une guerre maritime et aérienne gigantesque. C’est dans ce contexte qu’un croiseur lourd américain, l’USS Indianapolis, reçoit une mission ultra secrète : transporter jusqu’à l’île de Tinian des éléments essentiels de la future bombe atomique destinée à Hiroshima. Le navire traverse le Pacifique à toute vitesse, livre sa cargaison, puis repart vers les Philippines. L’équipage pense alors avoir accompli le plus difficile. Pourtant, dans la nuit du 30 juillet 1945, tout bascule. Vers 00 h 15, le sous-marin japonais I-58 repère l’Indianapolis dans l’obscurité et lance plusieurs torpilles. Deux frappent le croiseur américain sur tribord. Les explosions provoquent des incendies gigantesques, détruisent une partie des communications et condamnent rapidement le navire. En seulement douze minutes, l’USS Indianapolis sombre dans l’océan Pacifique. Environ 300 hommes meurent immédiatement dans les explosions ou disparaissent avec le bâtiment. Mais près de 900 marins survivent au naufrage et se retrouvent dans l’eau noire, au milieu du mazout, des débris et des corps flottants. Et le véritable cauchemar commence. Les survivants pensent d’abord que les secours vont arriver rapidement. Pourtant, personne ne vient. Le navire n’est pas immédiatement signalé disparu et aucune vaste opération de recherche n’est lancée. Pendant près de quatre jours, les marins dérivent dans l’océan sous un soleil écrasant. La soif devient insupportable. Certains boivent l’eau de mer et sombrent dans les hallucinations. Les lèvres éclatent, les langues gonflent, les corps brûlent sous le sel et la chaleur. Autour d’eux, des requins apparaissent progressivement. Contrairement à certaines versions hollywoodiennes, les attaques ne sont pas permanentes, mais elles terrorisent les survivants. Les hommes voient des ailerons tourner autour des groupes. Parfois, un marin disparaît brusquement dans un cri. D’autres meurent d’épuisement, de déshydratation ou de leurs blessures. Plus les heures passent, plus les groupes se désagrègent dans l’immensité du Pacifique. Le 2 août 1945, les survivants sont finalement repérés presque par hasard par un avion américain en patrouille de routine qui remarque une immense nappe de mazout à la surface de l’océan. Les secours arrivent enfin, mais il est déjà trop tard pour la majorité des hommes. Sur les 1 195 marins présents à bord de l’USS Indianapolis, seuls 316 survivront. Dans cet épisode, Autrement l’Histoire raconte le naufrage de l’USS Indianapolis, les quatre jours de survie dans l’océan Pacifique, les attaques de requins, mais aussi le contexte historique de cette catastrophe maritime devenue l’un des drames les plus célèbres de l’histoire de l’US Navy. L’histoire de l’Indianapolis ne s’arrête pourtant pas au sauvetage. Après le drame, la marine américaine cherche rapidement des responsables. Le commandant du navire, Charles McVay, est traduit en cour martiale et accusé de ne pas avoir suffisamment zigzagué pour éviter les sous-marins japonais. Une décision extrêmement controversée, d’autant que plusieurs informations sur la présence de sous-marins ennemis dans la zone ne lui avaient pas été transmises. Pendant des décennies, beaucoup de survivants considéreront McVay comme un bouc émissaire utilisé pour masquer les défaillances plus larges de l’US Navy. Il faudra attendre les années 2000 pour que son nom soit officiellement réhabilité. L’épave du croiseur ne sera retrouvée qu’en 2017, à plus de 5 000 mètres de profondeur dans le Pacifique. Un récit de Tim Girard

© 2026 FrancoPod

Language
Site