Pourquoi dit-on « faire des messes basses » ?
Choses à Savoir - Culture générale

Pourquoi dit-on « faire des messes basses » ?

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L’expression nous vient directement de la religion catholique. Et contrairement à ce que son sens actuel pourrait laisser croire, les « messes basses » n’avaient à l’origine rien de clandestin. Pendant des siècles, on distinguait en effet plusieurs manières de célébrer la messe. Il existait notamment la messe solennelle, ou messe chantée, accompagnée de chants et parfois célébrée avec plusieurs membres du clergé. Mais il existait aussi ce qu’on appelait une « messe basse ». Cette dernière était beaucoup plus sobre. Elle était célébrée par un prêtre sans chant, et les différentes prières étaient prononcées à voix relativement faible. Le terme « basse » faisait donc simplement référence au niveau de la voix, par opposition à une messe chantée ou dite à haute voix. Cette pratique était particulièrement courante avant les grandes réformes liturgiques du XXe siècle. Dans la liturgie catholique traditionnelle en latin, certaines prières étaient même dites très discrètement par le prêtre, parfois au point que les fidèles présents dans l’église ne pouvaient pas les entendre distinctement. C’est précisément cette idée de paroles prononcées à voix basse qui va progressivement sortir du domaine religieux. L’expression « faire des messes basses » commence alors à être employée au sens figuré pour désigner des personnes qui se parlent tout bas, à l’écart des autres. Mais une nuance supplémentaire apparaît : si l’on chuchote ainsi, pense-t-on, c’est probablement parce qu’on ne veut pas que les autres entendent ce que l’on raconte. Les messes basses deviennent donc synonymes de conversations secrètes, de confidences et parfois même de médisances ou de petits complots. C’est ce sens qui subsiste aujourd’hui. Lorsque, pendant une réunion, deux personnes chuchotent entre elles et que quelqu’un leur lance : « Arrêtez vos messes basses ! », personne n’imagine évidemment qu’elles sont en train de célébrer discrètement un office religieux. On leur reproche simplement d’avoir une conversation dont les autres sont exclus. L’expression est donc un bel exemple de ces formules françaises dont le sens religieux originel s’est presque complètement effacé avec le temps. Et pourtant, chaque fois que nous faisons des « messes basses », nous utilisons sans le savoir le vocabulaire de la liturgie catholique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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