
L’Europe tient enfin son projet de constellation satellitaire souveraine. La Commission européenne vient de signer avec le consortium SpaceRISE un accord qui ouvre la voie au déploiement d’IRIS², présenté comme l’alternative européenne à Starlink. Mais le calendrier reste l’un de ses principaux handicaps : les premiers satellites ne devraient être lancés qu’en 2029, soit dix ans après les débuts de la constellation de SpaceX. Le programme a aussi pris de l’ampleur… et du poids financier. Selon Reuters, son coût atteint désormais 15,6 milliards d’euros, soit cinq milliards de plus que l’enveloppe annoncée en 2024. IRIS² comptera finalement 348 satellites : 330 en orbite basse, à quelques centaines ou milliers de kilomètres de la Terre, et 18 en orbite moyenne, plus éloignée. Cela représente 66 appareils supplémentaires par rapport au projet initial. Selon l’Agence spatiale européenne, cette augmentation doit accroître de 60 % les capacités de communication sécurisée destinées aux gouvernements européens, et de 54 % la couverture disponible à l’échelle mondiale. Les premiers services devraient commencer à être déployés progressivement à partir de 2029. L’accord règle également deux sujets qui bloquaient les négociations depuis plusieurs mois : la tarification visée et la part de financement apportée par le secteur privé. La Norvège et l’Islande participeront elles aussi au programme. La comparaison avec Starlink reste impressionnante. SpaceX exploite aujourd’hui environ 11 000 satellites actifs, revendique 12 millions d’abonnés et fournit déjà une connexion à plus de 1 400 avions commerciaux. Sa future génération Starlink V3 promettrait dix fois plus de capacité descendante que les satellites V2 Mini. SpaceX prépare aussi Starlink Mobile pour 2027, après avoir investi 19,6 milliards de dollars dans l’achat de fréquences radio à EchoStar. Mais IRIS² ne cherche pas réellement à copier Starlink. Sa priorité est stratégique : communications militaires, gestion des crises, aide humanitaire, surveillance des frontières et protection des infrastructures critiques. Les entreprises et particuliers vivant dans des zones mal couvertes pourront également en profiter, mais dans un second temps. L’enjeu européen n’est donc pas forcément de battre SpaceX en nombre de satellites ou d’abonnés. Il est surtout de disposer d’un réseau que l’Europe contrôle elle-même, pour ne plus dépendre d’un acteur privé américain lorsqu’une communication devient essentielle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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