
L’intelligence artificielle pourrait bientôt permettre de lancer des cyberattaques à une vitesse et à une échelle impossibles pour une équipe humaine. Et cette fois, l’avertissement vient directement des entreprises qui fabriquent ces IA. Bonjour à toutes et à tous. OpenAI, Anthropic, Google, Microsoft, Cloudflare, CrowdStrike ou encore Palo Alto Networks font partie des 128 organisations qui viennent de signer un appel commun pour renforcer d’urgence la cyberdéfense. Leur message mérite toutefois d’être précisé : elles ne disent pas que les protections actuelles vont soudainement s’effondrer. Elles affirment que le statu quo ne suffira plus. Trop de systèmes reposent encore sur des logiciels non corrigés, des mots de passe faibles, des droits d’accès excessifs ou simplement des années de dette technique. Le changement, c’est que l’IA peut désormais industrialiser la recherche de ces faiblesses. Un agent autonome peut examiner du code, identifier une vulnérabilité, préparer son exploitation et recommencer sur des milliers de cibles. Ce n’est déjà plus seulement théorique. Google affirme avoir identifié pour la première fois un groupe malveillant utilisant une faille inconnue, une « zero-day », dont l’exploitation aurait été développée avec l’aide de l’IA. De son côté, OpenAI estime que ses modèles approchent un niveau où des capacités cybernétiques critiques ne peuvent plus être exclues. L’entreprise évoque même à terme des attaques largement autonomes. Le paradoxe, c’est que la même technologie peut travailler pour les défenseurs. Microsoft utilise par exemple des agents pour rechercher automatiquement des vulnérabilités. OpenAI développe des modèles spécialisés capables d’aider à analyser du code ou à valider des correctifs. En France, YesWeHack propose déjà des tests d’intrusion réalisés en partie par des agents autonomes. Une véritable course de vitesse commence donc : qui, de l’attaquant ou du défenseur, automatisera le plus vite ? L’Europe tente également de durcir les règles. Dès le 11 septembre, le Cyber Resilience Act imposera notamment aux fabricants de signaler sous 24 heures certaines vulnérabilités activement exploitées. Mais la France accuse toujours du retard dans la transposition de NIS2, au point d’avoir été renvoyée devant la Cour de justice de l’Union européenne en juillet. Pendant longtemps, une faille informatique pouvait rester discrète faute d’un pirate suffisamment compétent pour la trouver. Avec des millions d’agents IA capables de chercher en permanence, cette sécurité par l’oubli pourrait disparaître. La cybersécurité entre dans une époque où les machines attaqueront les machines, et où le véritable avantage sera de corriger avant qu’elles ne trouvent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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