
Depuis quelques années, on parle beaucoup de « libérer la parole ». Mais cette expression laisse entendre que les victimes se taisaient et qu’il suffirait désormais qu’elles parlent. Or les personnes victimes parlent souvent depuis longtemps. Elles parlent parfois directement, parfois à demi-mot, parfois avec leurs comportements, leurs silences ou leurs symptômes. Ce qui manque, ce n’est pas toujours la parole. C’est une écoute capable d’accueillir la souffrance, de redonner de l’agentivité à la victime. Entendre vraiment une personne victime d’inceste suppose de ne pas immédiatement douter, minimiser ou chercher une autre explication. Cela oblige aussi à regarder ce que sa parole vient bouleverser : l’image d’une famille, la place d’un proche, le fonctionnement d’une institution ou notre propre besoin de croire que certaines choses ne peuvent pas arriver. Pourquoi est-il parfois si difficile d’entendre ? Que faisons-nous des récits qui dérangent, qui arrivent tardivement ou qui ne correspondent pas à l’idée que nous nous faisons d’une « bonne victime » ? Et que signifie croire une personne ? Cet épisode parle de ce que j'ai appris ou compris en lisant l'autofiction de Daria Marx, Tuer le vieux. #dariamarx #tuerlevieux

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