
Philippe Savet détourne la figure mythologique du protégé de Jupiter dans une « catabase contemporaine ». Ici, Ganymède ne monte pas vers l’Olympe, il s’enfonce dans la nuit des clubs et l’addiction chimique. Après sa disparition, il ne reste rien de lui que des écrits poétiques, ainsi que les témoignages disparates de ses proches qui cherchent à comprendre ce qui lui est arrivé. Ce « livre à trous » explore une identité queer oscillant entre autodestruction et quête viscérale de liberté. À travers une narration discontinue, l’auteur étudie ce que l’excès et la vulnérabilité font au corps, transformant la consommation de drogues en un acte sacrificiel. Le récit refuse toute cohérence rassurante pour laisser place à une urgence de vivre brute, où le plaisir se mêle irrémédiablement à la perte de soi. Mille millilitres de Ganymède , Philippe Savet, Éditions Le Nouvel Attila, 2026

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