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🔊 “ANTICORPS” au Palais de Tokyo, Parisdu 23 octobre 2020 au 3 janvier 2021
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“ANTICORPS” au Palais de Tokyo, Paris du 23 octobre 2020 au 3 janvier 2021 Extrait du communiqué de presse : Curatrices / Curateurs : Daria de Beauvais, Adélaïde Blanc, Cédric Fauq, Yoann Gourmel, Vittoria Matarrese, François Piron Et Hugo Vitrani, assisté·e·s de Camille Ramanana Rahary Avec les artistes : A.K. Burns, Xinyi Cheng, Kate Cooper, Pauline Curnier Jardin, Kevin Desbouis, Forensic Architecture, Lola Gonzà lez, Emily Jones, Florence Jung, Özgür Kar, Nile Koetting, Tarek Lakhrissi, Carolyn Lazard, Len Lye, Tala Madani, Josèfa Ntjam, Dominique Petitgand, Ghita Skali, Koki Tanaka, Achraf Touloub. Réaction quasi épidermique à la crise sanitaire et sociale, l’exposition Anticorps, conçue par l’équipe curatoriale du Palais de Tokyo, donne la parole à 20 artistes de la scène artistique française et internationale qui, avec des oeuvres récentes ou nouvelles, prennent le pouls de notre capacité à faire corps ensemble et à repenser notre façon d’habiter le monde. L’expérience du confinement et l’adoption de la distanciation physique et sociale, à l’échelle mondiale, nous font reconsidérer l’hermétisme de nos corps. Avions-nous oublié à quel point nous étions poreu·x·ses ? La vulnérabilité de nos enveloppes corporelles fait surgir autour de nos foyers, de nos cercles sociaux, de nos pays, encore davantage de frontières, de barrières, hérissées d’inquiétudes et de suspicions. Cette situation accroît des inégalités déjà présentes, en termes de privilèges de classe et d’exposition aux risques. Mais dans l’écartement qui s’est renforcé entre public et privé, nous réalisons finalement que tout nous touche de manière plus exacerbée et nous incite à redéfinir nos liens comme nos proximités. « Pourquoi nos corps devraient-ils s’arrêter à la frontière de la peau ? », demandait Donna Haraway (1). Anticorps s’offre comme une exposition qui tente de penser à travers les peaux, en s’attachant à développer plusieurs registres de l’affectivité, de la présence et de l’haptique, cette exploration du sens du toucher sans que celui-ci soit physiquement activé. La « mise à distance » pousse à une volonté renouvelée de contact. Les artistes réuni·e·s au sein d’ Anticorps font état de caresses, de murmures, de souffles et de menaces qui questionnent nos réactions et transactions émotionnelles, nos rapports sociaux. Si l’exposition ne fait pas de la crise sanitaire actuelle un sujet, les oeuvres, ainsi que les relations tissées entre elles, permettent de questionner la distance et le toucher, considérant ces deux termes comme intrinsèquement politiques et poétiques. La polysémie du titre de l’exposition est dès lors manifeste : il s’agit à la fois d’accepter les nouvelles normes imposées de l’être-ensemble (distance) tout en ouvrant la perspective d’un autre érotisme social (toucher). Il paraît nécessaire, comme le préconisait Susan Sontag (2), de remplacer les métaphores militaires souvent attachées au fonctionnement de nos systèmes immunitaires par un autre lexique, et de nous préoccuper davantage d’hospitalité. Anticorps invite à parcourir le Palais de Tokyo à la fois comme un foyer ( in vitro ) et comme un réseau mouvant ( in vivo ). Cela permet de réfléchir autrement aux communautés éphémères que le Palais de Tokyo peut créer et rassembler et tout particulièrement aux relations suggérées entre les publics et les oeuvres. (1). Donna Haraway, « Manifeste cyborg », Paris, Exils, 2007 (2). Susan Sontag, « Le sida et ses métaphores », Paris, Christian Bourgois, 1989 : « La maladie est vue comme une invasion d’organismes étrangers, à laquelle le corps réagit par ses propres opérations militaires, telle la mobilisation des «défenses» immunologiques, et la médecine se fait «agressive» […] Les métaphores militaires contribuent à stigmatiser certaines maladies, et par conséquent celles et ceux qui en sont atteints. » (pp. 130-133) Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.