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🔊 “Boris Mikhaïlov“ Journal ukrainienà la Maison Européenne de la Photographiedu 7 septembre 2022 au 15 janvier 2023
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“Boris Mikhaïlov“ Journal ukrainien à la Maison Européenne de la Photographie du 7 septembre 2022 au 15 janvier 2023 Interview de Simon Baker, directeur de la MEP, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 6 septembre 2022, durée 18’32. © FranceFineArt. Communiqué de presse Commissariat : Laurie Hurwitz, en étroite collaboration avec Boris et Vita Mikhaïlov. La MEP présente la plus importante rétrospective consacrée à l’artiste ukrainien Boris Mikhaïlov (né en 1938 à Kharkiv). Aujourd’hui considéré comme l’un des artistes contemporains les plus influents d’Europe de l’Est, il développe depuis plus de 50 ans une oeuvre photographique expérimentale autour de sujets sociaux et politiques. La pratique pionnière de Boris Mikhaïlov est aux frontières de la photographie documentaire, du travail conceptuel, de la peinture et de la performance. Il mène depuis les années 60 une réflexion sur les bouleversements qui ont accompagné l’effondrement de l’Union soviétique et les conséquences, en Ukraine, de sa dissolution. Conçue en étroite collaboration avec l’artiste, l’exposition rassemble plus de 800 oeuvres et présente une vingtaine de ses séries les plus importantes, jusqu’aux plus récentes. Mikhaïlov a élaboré son propre langage artistique au fil de différentes séries bien distinctes et très variées en termes de technique, de format et d’approche. Dans une oeuvre foisonnante qui se révèle impossible à classer, il bouscule les codes, utilisant la photographie documentaire à des fins conceptuelles. Croisant les procédés, il fait dialoguer photographies et textes, mais aussi les images entre elles dans des surimpression et diptyques, il utilise également le flou, le cadrage ou la colorisation pour ajouter une lecture tantôt ironique, poétique ou nostalgique à certains tirages. Les séries produites à l’époque où l’Ukraine faisait partie de l’Union soviétique déconstruisent les images de propagande, interrogent la mémoire collective, et reflètent les contradictions sociétales qui existent alors. Dans « Yesterday’s Sandwich » (à partir de 1965), l’artiste montre une réalité double, ambiguë et poétique, juxtaposant beauté et laideur. Dans « Red » (1968-75), il souligne l’omniprésence de la couleur rouge, évoquant le régime communiste et la façon dont celui-ci s’immisce dans les consciences individuelles et les représentations sociales. « Luriki » (1971-1985) et « Sots Art » (1975-1986) sont une réflexion cynique sur la manière dont les images de propagande idéalisent artificiellement la réalité. Les dessous de l’utopie prosélyte sont également dévoilés dans « Salt Lake » (1986), images de baigneurs prises clandestinement au bord d’un lac pollué, dans le sud de l’Ukraine. Boris Mikhaïlov utilise l’humour comme une arme de résistance à l’oppression et un moyen d’émancipation potentielle. À une critique frontale de la société, il préfère l’autodérision et l’ironie et réalise des autoportraits provocateurs, présentés dans « Crimean Snobbism » (1982), « I am not I » (1992), « National Hero » (1992) ou encore « If I were a German » (1994). [...] Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.