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đ âBourdelle devant Beethovenâ au MusĂ©e Bourdelle, Parisdu 19 septembre 2020 au 17 janvier 2021
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âBourdelle devant Beethovenâ au MusĂ©e Bourdelle, Paris du 19 septembre 2020 au 17 janvier 2021 Extrait du communiquĂ© de presse : Commissaire : Colin Lemoine, responsable des sculptures Commissaires associĂ©s : Claire Boisserolles, responsable du service de la documentation, des archives et des bibliothĂšques StĂ©phane Ferrand, responsable du cabinet dâarts graphiques et du fonds de photographies En 2020, Ludwig van Beethoven (1770-1827) aura vu le jour il y a tout juste 250 ans. Un quart de millĂ©naire. Cet anniversaire donne lieu Ă de nombreuses commĂ©morations europĂ©ennes, en Allemagne comme en France. Le musĂ©e Bourdelle se saisit de cette occasion pour cĂ©lĂ©brer lâannĂ©e Beethoven avec un nouvel accrochage. Antoine Bourdelle est assurĂ©ment lâun des artistes ayant Ă©tĂ© le plus influencĂ© par la musique, mais aussi par la figure â au sens physique et symbolique â, du compositeur allemand. FondĂ©e sur une identification, cette hantise se traduit par un corpus plĂ©thorique dâoeuvres hĂ©tĂ©rogĂšnes : Bourdelle a rĂ©servĂ© quelque quatre-vingts sculptures Ă Beethoven, mais aussi une vingtaine de dessins et de photographies. Le visiteur sera immergĂ© dans deux atmosphĂšres diffĂ©rentes : lâune, claire et lumineuse, le confrontera aux multiples visages sculptĂ©s de Beethoven, conçus par Bourdelle comme autant de variations autour dâune face maudite, dâune intĂ©rioritĂ© souveraine ; lâautre, sombre et dramatique, tentera dâexposer les modalitĂ©s et les sources de cette incorporation, mais aussi de faire dialoguer sculptures, photographies et dessins afin de pĂ©nĂ©trer les secrets et les subtilitĂ©s de cette identification majeure. Beethoven fut pour Bourdelle plus quâun pĂšre, un frĂšre, un double spĂ©culaire, un compagnon de route dont le chemin dĂ©jĂ sillonnĂ© sut lui montrer la voie, Ă lâheure des doutes et des joies. Beethoven est un artiste total, maudit, frappĂ© par une surditĂ© que console et sublime une musique enfiĂ©vrĂ©e. Avec lui, depuis lui, les crĂ©ateurs auscultent les passions intimes et les noirs profonds, les tourments et les visions, la joie Ă©lectrique comme lâangoisse mĂ©taphysique. Cet avĂšnement du sensible, qui prĂ©figure le romantisme puis bientĂŽt lâexpressionnisme, obsĂšde les peintres comme les sculpteurs, tous ces explorateurs de lâĂąme qui, de lâAutriche au Japon, de la SuĂšde aux Ătats-Unis, revendiquent sans exception la tutelle esthĂ©tique du compositeur. Sous le signe de Beethoven, et notamment de son masque pris « sur le vif » â ce moulage fascinant, rĂ©alisĂ© sur le visage du compositeur de son vivant â, les artistes cherchent leur voie, souvent intĂ©rieure. DĂšs ses annĂ©es de formation toulousaines, alors quâil nâa pas vingt ans, Antoine Bourdelle (1861-1929) dĂ©couvre la musique de Beethoven et sâidentifie tĂŽt à « lâĂąme du maĂźtre », auquel lâapparentent sa coiffure tempĂ©tueuse, sa face sombre et ses hautes aspirations. Si le sculpteur sacrifie parfois aux mondanitĂ©s pour aller au concert, il confie Ă©couter Beethoven « pleinement de mĂ©moire », loin de « lâaudition constante », prĂ©fĂ©rant lâapprocher par les lectures, les croquis, les photographies et, plus encore, les quelque quatre-vingts effigies sculptĂ©es du compositeur quâil rĂ©alise de 1888 jusquâĂ 1929, lâannĂ©e de sa mort, comme autant de variations autour dâun leitmotiv entĂȘtant. PeuplĂ© de sculptures, de photographies, de dessins et dâarchives, lâaccrochage illustre lâhistoire dâune obsession, peut-ĂȘtre mĂȘme dâune filiation, si lâon veut bien relire lâaveu de Bourdelle lui-mĂȘme : « Ă mon tour, avec une prĂ©mĂ©ditation tenace, jâai pris la parole aprĂšs lui. » HĂ©bergĂ© par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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