🔊 “Charlotte Charbonnel” GeoscopiaĂ  l’Abbaye de Maubuisson, site d’art contemporain du Conseil dĂ©partemental du Val d’Oise, Saint-Ouen l’AumĂŽne (95)du 13 septembre 2020 au 21 fĂ©vrier 2021
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🔊 “Charlotte Charbonnel” GeoscopiaĂ  l’Abbaye de Maubuisson, site d’art contemporain du Conseil dĂ©partemental du Val d’Oise, Saint-Ouen l’AumĂŽne (95)du 13 septembre 2020 au 21 fĂ©vrier 2021

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“Charlotte Charbonnel” Geoscopia Ă  l’Abbaye de Maubuisson, site d’art contemporain du Conseil dĂ©partemental du Val d’Oise, Saint-Ouen l’AumĂŽne (95) du 13 septembre 2020 au 21 fĂ©vrier 2021 Extrait du communiquĂ© de presse : Charlotte Charbonnel est une artiste intĂ©ressĂ©e par l’énergie contenue dans la matiĂšre. Elle sonde notre environnement pour en faire surgir, entre autres, les forces naturelles et nous en faire ressentir les flux. À l’écoute du monde, elle a explorĂ© et transmis la vibration acoustique des lieux oĂč elle a Ă©tĂ© invitĂ©e Ă  exposer. Ainsi choisit-elle de nous faire Ă©couter les « chants de la terre » de l’Abbaye de Maubuisson en puisant dans ses sous-sols. Par l’entremise d’un savant appareillage, le dispositif qui les capte en amplifie la rĂ©sonance et permet Ă©galement leur circulation dans l’espace d’exposition. D’autres dispositifs placĂ©s Ă  l’extĂ©rieur de l’abbaye prĂ©lĂšvent Ă©galement les Ă©nergies contenues dans l’atmosphĂšre qui s’unissent Ă  ces vibrations souterraines. Charlotte Charbonnel transpose ces Ă©nergies mĂȘlĂ©es en une trajectoire sensorielle, des Ă©lĂ©ments visuels et sonores qui se dĂ©ploient depuis la salle du parloir jusqu’aux anciennes latrines. Les installations imaginĂ©es par Charlotte Charbonnel sont souvent les instruments d’une description poĂ©tique du monde. Elles se situent au carrefour d’une recherche scientifique et d’une contemplation par immersion. LiĂ©es Ă  une fonction de captation et de rĂ©partition de flux invisibles, les oeuvres de l’artiste se caractĂ©risent par leurs formes Ă©purĂ©es. Ses installations Ă©voquent des outils d’enregistrement scientifique ou l’anatomie sophistiquĂ©e d’instruments de musique. RĂ©alisĂ©es Ă  l’appui de recherches prĂ©alables, elles sont souvent produites avec la collaboration de scientifiques ou de spĂ©cialistes. Au-delĂ  de leurs qualitĂ©s esthĂ©tiques, les matĂ©riaux qui les composent – verre, cuivre, terre cuite, quartz et mĂ©tal – sont d’abord choisis pour leurs qualitĂ©s physiques de conduction et de rĂ©sonance. DisposĂ©s autour du large pilier central de la salle du parloir, des bols en terre cuite, quartz et laiton ouvrent le chant de la terre de l’abbaye. Ils vibrent et s’entrechoquent, comme jouĂ©s par les ondes puisĂ©es des sous-sols et les Ă©nergies prĂ©levĂ©es de l’atmosphĂšre. Le dispositif qui les capte en amplifie la rĂ©sonance et permet Ă©galement leur circulation dans l’espace d’exposition. PropagĂ©es dans le couloir empruntĂ© par les moniales pour un « passage aux champs », ces ondes activent ensuite un pendule imposant. Son mĂ©canisme entraĂźne lui-mĂȘme une rangĂ©e d’épingles en un mouvement de flux et de reflux. Le nombre stupĂ©fiant d’épingles consignĂ© dans un livre de comptes de l’abbaye datant du 18e siĂšcle a inspirĂ© cette machine Ă  l’artiste. Sa pulsation mĂ©canique peut Ă©voquer la stricte rĂ©partition des tĂąches des moniales, la structure de leur emploi du temps alternant activitĂ©s domestiques et spirituelles, d’aprĂšs un rythme propre Ă  l’écosystĂšme en vase clos de l’abbaye. Dans la grande salle des religieuses, ces mĂȘmes ondes Ă  nouveau recueillies sont rĂ©parties et canalisĂ©es dans un instrument formĂ© de trois longues cannes, suspendu au plafond. Produisant des souffles le traversant, elles font osciller l’instrument. Ces cannes mobiles, tournĂ©es vers le sol, rendent visible cette respiration en dessinant des tracĂ©s alĂ©atoires et Ă©phĂ©mĂšres dans le sable qui le recouvre. Le courant Ă©lectrique accumulĂ© tout au long de ce dĂ©placement de flux magnĂ©tiques, comme poussĂ© jusqu’à l’antichambre jouxtant les latrines, produit un phĂ©nomĂšne tĂ©nu de lumiĂšre, proche de l’éclair ou de l’aurore borĂ©ale. Pour la derniĂšre station d’une transformation en chaĂźne menĂ©e depuis l’entrĂ©e de l’abbaye, Charlotte Charbonnel nous abandonne Ă  l’obscuritĂ© des latrines en une plongĂ©e ultime, et comme originelle, dans le chant tellurique des lieux. Elle nous fait ainsi progressivement remonter Ă  la source sonore brute qu’elle n’aura cessĂ© de conduire, de moduler et de nous faire traverser, Ă  l’appui des qualitĂ©s architecturales de l’abbaye devenue caisse de rĂ©sonance d’un « chant de la terre » qui la supporte. HĂ©bergĂ© par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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