🔊 “Dans la poussière de Séville… sur les traces du Saint Thomas de Velázquez“ au Musée des Beaux-Arts d’Orléansdu 5 juin au 14 novembre 2021
FranceFineArt

🔊 “Dans la poussière de Séville… sur les traces du Saint Thomas de Velázquez“ au Musée des Beaux-Arts d’Orléansdu 5 juin au 14 novembre 2021

·19 min
Télécharger
“Dans la poussière de Séville… sur les traces du Saint Thomas de Velázquez“ au Musée des Beaux-Arts d’Orléans du 5 juin au 14 novembre 2021 Interview de Corentin Dury, conservateur du patrimoine, chargé des collections anciennes au musée des Beaux-Arts d’Orléans, et commissaire de l’exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Orléans, le 11 juin 2021, durée 19’55.© FranceFineArt. Extrait du communiqué de presse : Commisariat et auteurs Corentin Dury, conservateur du patrimoine, chargé des collections anciennes au musée des Beaux-Arts d’Orléans, commissaire et auteur. Guillaume Kientz, Director & CEO de The Hispanic Society Museum & Library, auteur et collaborateur du projet. En 1920, l’historien de l’art italien Roberto Longhi découvrait au musée d’Orléans un Saint Thomas qu’il rendait aux années sévillanes de Diego Velázquez, vers 1620, alors que le peintre n’est âgé que d’une vingtaine d’années. Quatre cents ans après la création de ce tableau majeur, cent ans après son invention aux yeux de l’histoire de l’art moderne, le musée d’Orléans reprend les traces de ce chef-d’oeuvre, partant de sa réception et remontant jusqu’à sa conception. Seul tableau des années sévillanes de Velázquez dans les musées français, qui ne conservent qu’une seule autre toile, datée quant à elle de la période madrilène (Rouen, musée des Beaux-Arts), le Saint Thomas fut une découverte fondamentale pour les collections du musée et reste toujours aujourd’hui l’un des joyaux des collections françaises. Pour la première fois, cette exposition révèle au public la vie de cette oeuvre, d’idée à chef-d’oeuvre inspirant pour les générations futures. Pièce exceptionnelle d’un cycle d’au moins douze compositions figurant chaque apôtre, le Saint Thomas est rejoint à Orléans, grâce à un partenariat exceptionnel avec le museu nacional d’Art de Catalunya et le museo nacional del Prado, par les deux autres apôtres associés par tous dans cet apostolado . Acquis entre 1828 et 1843, parmi les premiers après l’ouverture du musée en 1825, Saint Thomas s’inscrit dans une période d’engouement sans précédent pour l’art hispanique, que le public découvre grâce à la Galerie Espagnole de Louis-Philippe présentée au palais du Louvre à partir de 1838. Cette histoire du goût s’incarne parfaitement dans les collections du musée des Beaux-Arts d’Orléans, de la gravure de Dominique Vivant Denon, figurant en 1790 un prétendu autoportrait de Velázquez, à la monumentale toile de Louis Debras, exposée au Salon de 1888, inspirée de la vie de Francisco de Zurbarán. Considéré en 1843 comme un Solitaire de Murillo, l’artiste espagnol le plus commenté et collectionné par les Français entre XVIIIe et XIXe siècle, le Saint Thomas n’est reconnu comme étant l’oeuvre de Velázquez qu’en septembre 1920 par Roberto Longhi. Dans les années 1970, conscient de l’importance du tableau, le musée du Louvre tente d’obtenir son transfert des bords de la Loire aux bords de la Seine, confirmant le statut désormais absolu de ce chef-d’œuvre qui glisse dans la culture populaire en apparaissant en couverture des Vies minuscules de Pierre Michon chez Folio en 1996 ou en 2018 dans le roman illustré du dessinateur Nicolas de Crécy qui imagine dans la manche superbe de l’apôtre un portrait de fantôme. La même année Pascal Grégoire, président d’IT&M Régions, fait la rencontre du tableau et décide de s’associer au musée en mécénant la restauration. Après les tableaux sévillans de Velázquez conservés à New York, Madrid, Londres, Séville… c’est au tour de la toile orléanaise de révéler ses secrets et sa technique de création, à la faveur de sa restauration et de son imagerie scientifique. Au tour du spectateur de pénétrer la matière du jeune Velázquez qui, à Séville, mature la carrière qui fera de lui le peintre de Philippe IV d’Espagne. Puerta de América par son lien, unique à l’époque, avec les Amériques, Séville est le meilleur maître de Velázquez : le commerce est important, les amateurs nombreux, tout est réuni pour que le jeune peintre dispose d’une fenêtre large sur l’histoire et les expérimentations artistiques qui marquent l’Europe du tournant 1600. Né en 1599, il entre en 1610 dans l’atelier de Francisco Pacheco, est reçu dans la corporation des peintres en 1617, épouse Juana Pacheco en 1618 et quitte finalement sa ville natale pour entrer au service du roi à Madrid en 1623. Le Saint Thomas porte ainsi en lui une histoire singulière, source d’une meilleure compréhension et analyse d’une période particulièrement brève, treize années, de la vie du peintre mort à Madrid en 1660. Le tableau est le reflet de l’enseignement de Pacheco : Velázquez suit les conseils techniques du maître dévoilés dans un traité posthume.Toutefois, le Saint Thomas incarne cette manière terrible de regarder le monde propre au jeune Velázquez encore à Séville, avec notamment l’utilisation d’un jeune modèle hidalgo également présent dans le Saint Jean à Patmos de Londres (écho aux commentaires d’une biographie de Velázquez signalant un jeune paysan qu’il fit poser). L’exposition replace le tableau au coeur de ses sources et de son contexte de création. Francisco Pacheco mais aussi Jusepe de Ribera, Luis Tristán et Juan Martínez Montañés sont exposés aux côtés des trois Velázquez de l’apostolado de la chartreuse de Nuestra Señora de Las Cuevas : Saint Thomas (Orléans), Saint Paul (Barcelone) et un fragment d’apôtre (Séville). Parmi les oeuvres exposées, neuf sont inédites et la plupart n’ont jamais été confrontées aux trois tableaux de Velázquez. Une oeuvre dont la conception était donnée par Longhi à Velázquez a récemment été restaurée et sera pour la première fois exposée à Orléans, l’occasion unique de mettre à l’épreuve une hypothèse récente des historiens : ce tableau serait-il issu de l’atelier du maître avec une participation de ce dernier ? Avec cette exposition, le musée des Beaux-Arts d’Orléans invite le visiteur à entrer dans l’intimité de l’un des ses plus grands chefs-d’oeuvre, rappelant que la connaissance et la compréhension sont intimement liés au plaisir de contempler. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

© 2026 FrancoPod

Language
Site