🔊 “Harry Gruyaert” La part des chosesLE BAL, Paris  du 15 juin au 24 septembre 2023
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🔊 “Harry Gruyaert” La part des chosesLE BAL, Paris du 15 juin au 24 septembre 2023

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“Harry Gruyaert” La part des choses LE BAL, Paris du 15 juin au 24 septembre 2023 Interview de Diane Dufour, directrice du LE BAL et commissaire de l’exposition, par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer,Ă  Paris, le 14 juin 2023, durĂ©e 16’46, © FranceFineArt. https://francefineart.com/2023/06/15/3456_harry-gruyaert_le-bal/ CommuniquĂ© de presse Commissaire de l’exposition : Diane Dufour, directrice du LE BAL Photographe nĂ© Ă  Anvers en 1941, Harry Gruyaert est un des pionniers de la photographie couleur, au mĂȘme titre que les grands amĂ©ricains qu’il a trĂšs tĂŽt vus et aimĂ©s, Joel Meyerowitz, William Eggleston ou Stephen Shore. Loin de sa Belgique natale trop Ă©triquĂ©e, le New York du dĂ©but des annĂ©es 1970 l’expose au Pop Art et « Ă  regarder autrement la banalitĂ©, Ă  accepter une sorte de laideur du monde et Ă  en faire quelque chose ». Ses amitiĂ©s avec la nouvelle scĂšne new-yorkaise (Gordon Matta-Clark, Richard Nonas) confortent ce que Le DĂ©sert rouge d’Antonioni, « vu mille fois », avait dĂ©jĂ  distillĂ© en lui : le besoin d’arpenter le monde, de s’y jeter avidement, non pour le dĂ©signer ou nous en informer mais pour le sculpter, le modeler. Transcrire sa perception des choses et non les choses elles-mĂȘmes. Se faire voyant, pas tĂ©moin. Harry Gruyaert a dit cette lutte physique, ce corps Ă  corps avec les choses et les ĂȘtres : « Je me jette dans les choses pour Ă©prouver ce mystĂšre, cette alchimie : les choses m’attirent et j’attire les choses ». Dans la bande passante de la vie, alors que tout se dĂ©robe et Ă©chappe et pour que « tout tombe en place », il faut ĂȘtre Ă  la fois plus lĂ  et moins lĂ , s’oublier soi-mĂȘme pour saisir la matiĂšre, la texture, tout ce qui fait l’ici et le maintenant ; se soumettre, tout en en cultivant la prescience, Ă  un ordonnancement instinctif des formes, couleurs, symboles, lumiĂšres, motifs. Alain Bergala dans Correspondance new-yorkaise distingue deux types de photographes : celui qui croit en la rĂ©alitĂ© et fait de la photographie un art de la prĂ©sence et celui qui vit le rĂ©el comme impossible et ne fait que fixer l’absence. À l’aune de cette distinction, Harry Gruyaert serait une anomalie, un photographe dont la prĂ©sence viscĂ©rale au monde vise avant tout Ă  en saisir le caractĂšre fugitif, intangible. Des trajectoires isolĂ©es, des espaces disjoints, des corps en pĂ©riphĂ©rie, tout concourt dans ses images Ă  rendre l’absurditĂ© du monde, le collage surrĂ©aliste de la vie et ses morceaux dĂ©tachĂ©s. Photographier peut donc aussi ĂȘtre cela : communier avec un Ă©tat de solitude et dire un mensonge plus vrai que la vĂ©ritĂ©. Diane Dufour « Je me dis parfois qu’il serait tellement plus simple de mettre en scĂšne mes images, de repeindre tel mur comme Antonioni, ou de demander Ă  tel personnage de s’habiller autrement. Mais je crois que j’y perdrai ce miracle instantanĂ© de l’inattendu qui coupe le souffle, de ce phĂ©nomĂšne trĂšs physique de la photo qui soudain s’inscrit. » – Harry Gruyaert HĂ©bergĂ© par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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