🔊 “Homosexuels et lesbiennes dans l’Europe nazie“au MĂ©morial de la Shoah, Parisdu 17 juin 2021 au 6 mars 2022
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“Homosexuels et lesbiennes dans l’Europe nazie“ au MĂ©morial de la Shoah, Paris du 17 juin 2021 au 6 mars 2022 Interview de Sophie Nagiscarde, responsable du service des activitĂ©s culturelles du MĂ©morial de la Shoah et coordinatrice de l’exposition, par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, enregistrement rĂ©alisĂ© par tĂ©lĂ©phone, entre Paris et Paris, le 22 juillet 2021, durĂ©e 29’22. © FranceFineArt. CommuniquĂ© de presse commissaire scientifique de l’exposition : Florence Tamagne, MaĂźtresse de confĂ©rences en histoire contemporaine Ă  l’UniversitĂ© de Lille, SpĂ©cialiste de l’histoire de l’homosexualitĂ©. « Enjeu de mĂ©moire, le destin des “triangles roses” a longtemps Ă©tĂ© invisibilisĂ©. Cette exposition entend rendre compte, grĂące Ă  de nombreux documents originaux, du sort des homosexuels et des lesbiennes sous le rĂ©gime nazi, entre stigmatisation, persĂ©cution et lutte pour la reconnaissance. » Florence Tamagne , commissaire scientifique de l’exposition En 2021, pour la premiĂšre fois en France, un musĂ©e d’histoire retrace de maniĂšre chronologique et thĂ©matique l’histoire de la persĂ©cution des homosexuels et lesbiennes sous le TroisiĂšme Reich en s’appuyant sur une riche sĂ©lection de documents pour la plupart jamais prĂ©sentĂ©s en France. Longtemps tabou, le destin des “triangles roses”, s’il est, depuis une trentaine d’annĂ©es, l’objet de recherches historiques de premier plan, reste encore mĂ©connu du grand public. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, rares furent les hommes et femmes homosexuels Ă  tĂ©moigner du sort qui fut le leur sous le rĂ©gime nazi. En Allemagne, ils se virent nier le statut de victimes, du fait notamment du paragraphe 175 du Code pĂ©nal allemand, criminalisant les relations sexuelles entre hommes, qui resta en vigueur aprĂšs 1945. Ce n’est qu’à la faveur du mouvement de libĂ©ration gay et lesbien des annĂ©es 1970 que le sujet commença Ă  ĂȘtre dĂ©battu, soulevant de nombreuses questions, constituant autant d’enjeux mĂ©moriels : quelle fut la nature des persĂ©cutions ? Combien de personnes furent touchĂ©es ? Tous les homosexuels furent-ils visĂ©s ? Quel fut le sort des lesbiennes ? Quels furent les territoires concernĂ©s par la rĂ©pression, notamment en France ? Comment honorer le souvenir des victimes ? S’appuyant sur une variĂ©tĂ© de documents, la plupart jamais prĂ©sentĂ©s en France, cette exposition se propose de rĂ©pondre Ă  ces multiples interrogations en replaçant la persĂ©cution des femmes et des hommes homosexuels sous le rĂ©gime nazi dans un cadre gĂ©ographique large – mĂȘme si l’Allemagne et la France seront privilĂ©giĂ©es – et dans le temps long. Si le dĂ©but du XXe siĂšcle avait vu l’épanouissement d’une subculture homosexuelle dans les grandes capitales europĂ©ennes (comme Berlin et Paris) et la naissance des premiers mouvements militants, les prĂ©jugĂ©s homophobes, relayĂ©s notamment par les discours religieux et mĂ©dicaux, Ă©taient fortement ancrĂ©s et de nombreux pays pĂ©nalisaient l’homosexualitĂ© masculine – plus rarement fĂ©minine. Le discours nazi prit racine sur ce terreau fertile, avant de trouver sa concrĂ©tisation dans la mise en place d’un systĂšme rĂ©pressif de plus en plus radical et foisonnant. Les femmes et les hommes homosexuels ont connu des destins hĂ©tĂ©rogĂšnes. Certains choisirent l’exil, d’autres menĂšrent une double vie. Sur prĂšs de 100 000 homosexuels fichĂ©s par le rĂ©gime, 50 000 environ firent l’objet d’une condamnation ; entre 5 000 et 15 000 furent envoyĂ©s en camp de concentration, oĂč la plupart pĂ©rirent, mĂȘme si leur sort put varier considĂ©rablement en fonction du camp lui-mĂȘme, mais aussi de leur date d’internement. Les lesbiennes restaient quant Ă  elles hors du champ de la loi, sauf dans certains territoires, comme l’Autriche, et certaines furent dĂ©portĂ©es comme “asociales” ou “communistes”. Le paragraphe 175 ne s’appliquait qu’aux ressortissants du Reich, allemands et habitants des territoires annexĂ©s, comme par exemple l’Alsace-Moselle. DĂšs lors, le sort des homosexuels dans les pays alliĂ©s de l’Allemagne, comme l’Italie, ou occupĂ©s par elle, a pu diffĂ©rer de maniĂšre sensible. Des parcours de vie permettront de saisir ces questions dans toute leur complexitĂ©, alors que des femmes et des hommes homosexuels Ă©taient aussi selon les cas, juifs, rĂ©sistants, voire sympathisants du rĂ©gime nazi. Une section rendra compte du lent processus de reconnaissance, depuis les projets de monuments et de plaques Ă  la mĂ©moire des victimes, qui se sont multipliĂ©s depuis les annĂ©es 1980, jusqu’aux mesures institutionnelles, qui ont enclenchĂ© un processus de rĂ©habilitation et d’indemnisation de celles-ci. Un cycle de confĂ©rences, en prolongement de l’exposition, permettra d’approfondir ces diffĂ©rentes thĂ©matiques. HĂ©bergĂ© par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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