🔊 “Jamais je ne t’oublierai”photographies de Carolle BĂ©nitahaux Ă©ditions L’ArtiĂšre
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🔊 “Jamais je ne t’oublierai”photographies de Carolle BĂ©nitahaux Ă©ditions L’ArtiĂšre

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“Jamais je ne t’oublierai” photographies de Carolle BĂ©nitah aux Ă©ditions L’ArtiĂšre Extrait du communiquĂ© de presse : “J’ai rĂ©alisĂ©, en travaillant sur mes archives personnelles, qu’il existait trĂšs peu d’images de mes parents avant leur mariage, un dĂ©sert iconographique expliquĂ© par le fait qu’ils sont nĂ©s dans les annĂ©es 1930 dans un Maroc encore sans eau courante ni Ă©lectricitĂ©. Les rares photographies dĂ©tenues par ma grand-mĂšre Ă©taient verrouillĂ©es Ă  double tour pour ne pas Ă©voquer le drame causĂ© par la perte accidentelle d’un de ses fils.Une chape de silence avait frappĂ© d’interdit cette vie antĂ©rieure. Je me suis retrouvĂ©e orpheline d’images du passĂ©. Je collectionne les photographies anonymes que j’achĂšte dans les brocantes. Je suis aimantĂ©e par ce bonheur qui s’affiche au garde-Ă -vous sur ces photos, par ces gens que je ne connais pas et qui ont existĂ©, aimĂ© et disparu. Ils sont des fantĂŽmes qui me suivent sans bruit et je me les approprie pour construire un album de famille imaginaire afin de rĂ©parer l’oubli. Je reconstruis la mĂ©moire de ma famille qui m’a manquĂ©, je m’en invente une autre sur mesure oĂč je ressuscite tous les ascendants qui ont disparu, les territoires que je n’ai pas connus et qui m’ont Ă©tĂ© vantĂ©s. Ces rebuts, cĂ©dĂ©s pour quelques euros sur le bord du trottoir parce que les hĂ©ritiers n’en veulent plus, changent de statut par un geste, l’application de la feuille d’or sur la photographie. En masquant une partie de l’image, et plus spĂ©cifiquement les visages de ces fantĂŽmes, je dĂ©cuple les projections possibles. L’or est un mĂ©tal inoxydable. L’à-plat dorĂ© opĂšre Ă  la fois comme une oblitĂ©ration et une surface brillante sur laquelle se rĂ©flĂ©chissent nos propres visages. Je choisis des photographies qui Ă©voquent quelque chose de dĂ©jĂ -vu, une pose familiĂšre, des moments heureux qui illustrent toutes ces fables racontĂ©es sur les ancĂȘtres. Ce bonheur ritualisĂ© au fil des Ă©vĂšnements renvoie aux mensonges sur le mythe familial. Il Ă©vacue la matiĂšre noire liĂ©e Ă  la famille, justement absente de ces photographies-lĂ . Afin de dĂ©mentir ce bonheur idĂ©al, je note au bas des photographies de cet album imaginaire, des souvenirs personnels et douloureux qui parlent de difficultĂ© Ă  se construire une vie heureuse « comme sur les photos ». Je tape ces souvenirs sur un clavier dont des touches sont inopĂ©rantes Ă  cause d’un cafĂ© que j’y ai accidentellement renversĂ©, tout comme Hölderlin qui a volontairement enlevĂ© certaines cordes de son piano et joue sans savoir lesquelles sont manquantes. Les souvenirs que je relate deviennent opaques, incomprĂ©hensibles pour le lecteur. Mais Ă  l’instar de ces photographies qui disent l’impossibilitĂ© de l’identification, je construis des souvenirs absents. Utiliser ces images est une façon de vivre par procuration et de reconstituer une vie rĂȘvĂ©e. NĂ©anmoins, l’intervention Ă  la feuille d’or crĂ©e des trous de mĂ©moire et impose une distance, ce qui fait que je ne suis pas dupe du mensonge qu’elles affichent. Travailler sur ces photographies permet de faire le deuil de cette vie de famille idĂ©ale. Reprendre un Ă  un tous les anciens fantasmes concernant ces projections et les dĂ©monter rend cette mort symbolique supportable.“ Carolle BĂ©nitah ActualitĂ© : Le livre Jamais je ne t’oublierai de Carolle BĂ©nitah est laurĂ©at du PRIX HIP 2020 ‱ MONOGRAPHIE ARTISTIQUE http://www.prixhip.com HĂ©bergĂ© par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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