🔊 “Je danse seule” un rĂ©cit de Laure Samama  collection Notes – Arnaud Bizalion Editeur
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🔊 “Je danse seule” un rĂ©cit de Laure Samama collection Notes – Arnaud Bizalion Editeur

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“Je danse seule” un rĂ©cit de Laure Samama collection Notes – Arnaud Bizalion Editeur Interview de Laure Samama, par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, enregistrement rĂ©alisĂ© par tĂ©lĂ©phone, entre Paris et l’üle de Batz, le 13 mai 2021, durĂ©e 20’40. © FranceFineArt. Extrait du communiquĂ© de presse “On m’a dit : – Enferme-toi avec tes proches ! Et je n’avais pas d’assez proches pour s’enfermer avec moi. Alors je me suis enfermĂ©e seule. Au dĂ©but je n’ai presque plus bougĂ©, j’étais un animal en hibernation dans le dix-huitiĂšme arrondissement, qui se dĂ©plaçait gauchement, du lit au frigo et du frigo au lit, un animal dont l’activitĂ© principale consistait Ă  dormir. Il dormait et ça s’agitait dans mes rĂȘves, j’avais peur, j’avais faim, j’avais soif, j’avais amour surtout, mais je ne voulais pas le savoir. Je ne voulais pas ĂȘtre dĂ©rangĂ©e et les lois me protĂ©geaient : il Ă©tait Ă©crit que personne ne viendrait. Et personne ne venait. J’étais une chauve-souris pendue par les pattes au fond d’une grotte au milieu d’autres chauves-souris de hasard suspendues dans des cavitĂ©s mitoyennes. J’espĂ©rais que personne n’entre dans ma salle par surprise et ne fasse fondre mes graisses. En rĂ©alitĂ©, je ne rĂȘvais que de ça, voir et ĂȘtre vue, toucher et ĂȘtre touchĂ©e, emplir et ĂȘtre emplie d’un autre. Mais je prĂ©fĂ©rais ne pas y penser. Les jours s’étiraient d’une annonce Ă  l’autre. En attendant la libĂ©ration, je regardais mes congĂ©nĂšres se dĂ©battre sur la toile. Il Ă©tait impossible de les dĂ©partager. Chacun avait sa thĂ©orie, qui le faisait tenir debout. Les dĂ©saccords Ă©taient violents et les affinitĂ©s tout aussi extrĂȘmes. La toile les protĂ©geait. Moi, je lisais, et je ne pensais rien. J’étais juste triste de ne pas pouvoir marcher sans fin dans la ville et la campagne, de ne pas sentir l’air sur mon visage, de ne pas embrasser un homme ou un enfant au matin. Je ne voulais pas lire tant de dĂ©sarroi cachĂ© derriĂšre tant de colĂšre, je ne voulais pas m’emballer pour des dĂ©bats qui n’étaient pas les miens, j’ai retirĂ© les applications de mon ordinateur, je n’avais pas la tĂ©lĂ©vision et je n’ai jamais aimĂ© la radio. La torpeur s’est installĂ©e. [
] ”– extrait du rĂ©cit Je danse seule de Laure Samama Samama Laure, photographe, Ă©crivain Laure Samama est nĂ©e en 1973. Elle est diplĂŽmĂ©e de l’Ecole Nationale SupĂ©rieure de Photographie d’Arles et de l’Ecole d’architecture de Belleville. AprĂšs avoir exercĂ© l’architecture pendant plus de dix ans, elle dĂ©cide de se consacrer Ă  la photographie et l’écriture. Elle photographie des lieux, porteurs d’histoires, dans lesquels elle dĂ©cĂšle des instants de grĂące. Quand elle Ă©crit, c’est pour mener vers la lumiĂšre les zones reculĂ©es de la mĂ©moire. Elle a exposĂ© « Trouer l’opacitĂ© » Ă  la Maison Doisneau en septembre 2018 et a exposĂ© Ă  la galerie VU en 2016. La revue Spasme a publiĂ© la nouvelle Les seins blancs et la revue Extensible Premier dilemme, en septembre 2018. Elle a publiĂ© Tes mains s’effacent et Ce qu’on appelle aimer, qui mĂȘle rĂ©cit et photographie, aux Ă©ditions Arnaud Bizalion. La BibliothĂšque Nationale de France a acquis ses livres d’artiste en 2017. Elle explore aujourd’hui de nouvelles voies de restitution telles que la vidĂ©o et la performance dansĂ©e. Laure Samama vit et travaille Ă  Paris. Je danse seule (Arnaud Bizalion Editeur 2021) Ce qu’on appelle aimer (Arnaud Bizalion Editeur 2016) Tes mains s’effacent (Arnaud Bizalion Editeur 2018) HĂ©bergĂ© par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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