🔊 “Kapwani Kiwanga” Cima CimaCentre d’art contemporain d’Ivrydu 27 avril au 11 juillet 2021
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🔊 “Kapwani Kiwanga” Cima CimaCentre d’art contemporain d’Ivrydu 27 avril au 11 juillet 2021

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“Kapwani Kiwanga” Cima Cima Centre d’art contemporain d’Ivry du 27 avril au 11 juillet 2021 Interview de Kapwani Kiwanga, par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Vitry, le 26 avril 2021, durĂ©e 11’47, © FranceFineArt. Extrait du communiquĂ© de presse : Directrice-curator : Claire Le Restif “Nous sommes heureux d’annoncer l’ouverture de l’exposition personnelle de Kapwani Kiwanga le 26 avril 2021, rĂ©servĂ©e uniquement, jusqu’à ce que les conditions nous le permettent, aux visites professionnelles. PrĂ©vue du 23 avril au 28 juin 2020, l’exposition fut reportĂ©e suite Ă  l’aggravement de la crise sanitaire et donne lieu en 2021 Ă  un projet distinct de celui prĂ©cĂ©demment pensĂ©.” Franco-canadienne, Kapwani Kiwanga (nĂ©e en 1978 Ă  Hamilton) est artiste chercheuse. Son travail s’intĂ©resse aux rĂ©cits dessinant une asymĂ©trie du pouvoir, et Ă  mettre en lumiĂšre les tĂ©moins parfois inattendus de ces histoires. Son travail plastique cherche Ă  donner une forme Ă  des archives parfois dormantes ou peu connues. Le titre de l’exposition, Cima Cima, fait rĂ©fĂ©rence aux « cimarrones » ou « marrons », termes d’origine arawak passĂ©s dans la langue espagnole pour dĂ©signer les personnes en condition d’esclavage, devenues fugitives dans les AmĂ©riques. Une fois Ă©mancipĂ©s, ces femmes et ces hommes devaient mettre en place des stratĂ©gies pour prĂ©server leur libertĂ©. Cela passait par l’établissement de villages prĂ©caires prĂȘts Ă  ĂȘtre abandonnĂ©s pour reprendre la route, par une agriculture exceptionnelle permettant leur survivance, et par l’apprivoisement de plantes ramenĂ©es de leurs terres natives pour ĂȘtre adaptĂ©es Ă  un nouvel environnement. Cima Cima pose donc la question des gestes volontairement dissimulĂ©s permettant la survie, aborde l’histoire d’une rĂ©sistance silencieuse, et la pratique d’une indocilitĂ© crĂ©atrice comme mode de vie, garante de libertĂ©. C’est particuliĂšrement la culture des plantes et leur place en tant que tĂ©moins de l’histoire humaine qui intĂ©resse ici l’artiste, ainsi que leur fonction parfois ambivalente : la plante qui nourrit, la plante qui soigne, mais aussi la plante qui tue soit indirectement par son exploitation, soit par son utilisation en tant que poison. Pour la grande salle du CrĂ©dac, Kapwani Kiwanga propose MatiĂšres premiĂšres (2020), une forĂȘt de papier brut Ă  base de fibre de canne Ă  sucre. Allant du plafond au sol, les lĂ©s de papier empĂȘchent l’apprĂ©hension de l’espace d’un seul regard et invitent le public Ă  emprunter une dĂ©ambulation marquĂ©e par la contrainte. Des fragments de lames de machettes retravaillĂ©es et redĂ©coupĂ©es viennent parfois se greffer sur le papier, qui, couplĂ©s Ă  la circulation entravĂ©e, rappellent les espaces de domination sur le corps des personnes en condition d’esclavage, caractĂ©ristiques de la culture de la canne Ă  sucre. Dans la deuxiĂšme salle et Ă  l’invitation de Kiwanga, NoĂ©mie Sauve, artiste et soutien du Fonds d’Art Contemporain Agricole de Clinamen (association accompagnant les pratiques paysannes par la diffusion d’oeuvres d’art), prĂ©sente trois dessins de la sĂ©rie motif vivant (2018 – 2020 – 2020) au crayon et contenant des graines paysannes de tomates. Partiellement dissimulĂ©e, faisant face Ă  la baie vitrĂ©e, une riziĂšre de riz de la variĂ©tĂ© Oryza glaberrima est installĂ©e dans cet espace. Selon les rĂ©cits oraux, le riz africain a fait le voyage aux AmĂ©riques camouflĂ© dans les cheveux des femmes de l’Afrique de l’Ouest contraintes Ă  l’émigration pour ĂȘtre rĂ©duites Ă  l’état d’esclavage. CultivĂ© dans le nord de l’AmĂ©rique du Sud grĂące aux soins et au savoir-faire de ces femmes, l’histoire du Oryza glaberrima a survĂ©cu de maniĂšre orale. LĂ©onard Nguyen Van ThĂ©, paysagiste et jardinier, assiste Kapwani Kiwanga tout au long de l’exposition afin de suivre la culture du riz au CrĂ©dac. Toujours salle deux, est prĂ©sentĂ©e une production rĂ©cente de l’artiste pour la Renaissance Society Ă  Chicago : une tapisserie oĂč des rĂ©pliques en verre de grains de riz Oryza glaberrima sont tissĂ©s, rappelant le rĂ©cit des voyages transocĂ©aniques de cette variĂ©tĂ©. La troisiĂšme salle prĂ©sente la sĂ©rie Lazarus , quatre sĂ©rigraphies blanches sur papier. Ces oeuvres de Kiwanga reprennent des illustrations des XIXe et XXe siĂšcles montrant des « taxons Lazare » : des espĂšces animales dĂ©clarĂ©es comme Ă©teintes qui refont leur apparition dans la nature aprĂšs de nombreuses dĂ©cennies. Potomitan est une oeuvre produite pour l’exposition au CrĂ©dac, Ă©galement prĂ©sente dans cette salle. InspirĂ©e de l’expression crĂ©ole, dont elle porte le titre, Potomitan se rĂ©fĂšre au poteau central dans un temple vaudou, mais l’expression peut aussi dĂ©signer le soutien familial ou la mĂšre « courage », pilier de la sociĂ©tĂ© antillaise. Cette nouvelle oeuvre s’inspire en outre des witch ’ s ladder . Une « Ă©chelle de sorciĂšre » est une pratique dans la magie populaire ou la sorcellerie europĂ©enne consistant Ă  nouer ou Ă  tresser des cheveux ou des cordes avec des charmes (des feuilles ou des plumes par exemple), ayant en tĂȘte une intention magique spĂ©cifique. Ici, les charmes sont des parties de plantes potentiellement dangereuses ou mortelles pour l’ĂȘtre humain, ayant Ă©tĂ© utilisĂ©es historiquement dans la quĂȘte pour la libertĂ©. Enfin, dans le CrĂ©dakino est projetĂ©e la vidĂ©o Vumbi (2012), dans laquelle l’artiste nettoie le feuillage d’un bosquet d’arbres recouvert d’une couche de poussiĂšre rouge en Tanzanie, afin de faire rĂ©apparaĂźtre le feuillage vert initial. Un tirage rĂ©pĂ©tant ce geste sur un site diffĂ©rent est Ă©galement exposĂ©. INVITATION DE KAPWANI KIWANGA NOÉMIE SAUVE , nĂ©e en 1980 Ă  Romans-sur-IsĂšre. Vit et travaille Ă  Paris. Le travail de NoĂ©mie Sauve va au-delĂ  des contraintes inhĂ©rentes aux diffĂ©rentes disciplines artistiques et s’engage directement et Ă©troitement avec le monde. En collaboration avec des spĂ©cialistes divers (ingĂ©nieurs en biologie, vulcanologues, taxonomistes, architectes, chercheurs, paysans
), elle travaille sur plusieurs mediums et terrains avec singularitĂ©. Sa sĂ©rie de dessins motif vivant incorpore des graines qui peuvent ĂȘtre plantĂ©es et potentiellement donner des fruits. Ce travail rĂ©sonne avec les questionnements abordĂ©s dans cette exposition : comment adapter les gestes, les modes de vie, et rĂ©flexions nourries par nos connaissances passĂ©es dont nous avons hĂ©ritĂ© et qui ne cherchent pas Ă  prĂ©server une nature idĂ©alisĂ©e pour s’y rĂ©fugier, mais plutĂŽt faire face Ă  notre nĂ©cessitĂ© de s’adapter Ă  un monde imparfait et toxique. POURQUOI LES GRAINES ? « La graine est le â€č potentiel vivant â€ș. Il y est contenu, on ne sait pas comment il va se dĂ©ployer. Les semences paysannes sont des graines libres, issues du vivant qui bousculent pourtant toute une architecture sociale et Ă©conomique sur laquelle nous nous basons. SociĂ©tĂ© dont les rĂšgles limitent le dĂ©ploiement prĂ©sent et Ă  venir de ces semences non stĂ©rilisĂ©es. Issues de plusieurs gĂ©nĂ©rations, fruits d’évolution et d’adaptation, cette qualitĂ© des graines paysannes est nĂ©anmoins vue comme une menace. Une « menace » incarnĂ©e pourtant d’aprĂšs moi dans des visions rassurantes comme peuvent l’ĂȘtre la libertĂ©, l’autonomie et le vivant. Les graines incarnent aussi un temps de nĂ©gociation avec ces potentiels vivants dans nos espaces. Une cohabitation Ă  investir, un travail de fond et une temporalitĂ© dans lesquels nos habitudes sont perdues jusque dans nos cultures agricoles exigeantes. En intĂ©grant des graines issues de semences paysannes, je dĂ©fends la libertĂ© de circulation de ce patrimoine vivant universel, et j’encourage leur diffusion. » NoĂ©mie Sauve HĂ©bergĂ© par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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