🔊 “La fabrique de l’extravagance” Porcelaines de Meissen et de Chantillyau Domaine de Chantilly – Grands Appartementsdu 5 septembre 2020 au 3 janvier 2021
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🔊 “La fabrique de l’extravagance” Porcelaines de Meissen et de Chantillyau Domaine de Chantilly – Grands Appartementsdu 5 septembre 2020 au 3 janvier 2021

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“La fabrique de l’extravagance” Porcelaines de Meissen et de Chantilly au Domaine de Chantilly – Grands Appartements du 5 septembre 2020 au 3 janvier 2021 Extrait du communiquĂ© de presse : Commissariat : Mathieu Deldicque, conservateur du patrimoine au musĂ©e CondĂ© Le XVIIIe siĂšcle fut celui de la course Ă  la porcelaine, considĂ©rĂ©e comme un « or blanc ». Deux princes, Auguste le Fort, Ă©lecteur de Saxe et roi de Pologne, et Louis-Henri de Bourbon, prince de CondĂ©, premier ministre du roi Louis XV, atteints de la mĂȘme « maladie de la porcelaine » et amateurs de cĂ©ramiques importĂ©es Ă  grand prix depuis l’ExtrĂȘme-Orient, souhaitĂšrent tour Ă  tour crĂ©er leur propre manufacture pour rivaliser avec les productions asiatiques et, ce faisant, asseoir leur prestige tout en assouvissant leur passion. C’est cette histoire comparĂ©e et inĂ©dite de deux des plus importantes fabriques de porcelaine de la premiĂšre moitiĂ© du XVIIIe siĂšcle, celles de Meissen et de Chantilly, qui sera explorĂ©e au Domaine de Chantilly, du 5 septembre 2020 au 3 janvier 2021. Pour la premiĂšre fois, une exposition d’ampleur se propose d’éclairer le dialogue entre des productions qui ont marquĂ© les arts dĂ©coratifs du SiĂšcle des LumiĂšres. OrganisĂ©e au sein des prestigieux Grands Appartements du chĂąteau, datant eux-mĂȘmes du XVIIIe siĂšcle, et servie par une scĂ©nographie spectaculaire de Peter Marino, elle permet d’admirer des piĂšces d’une virtuositĂ© technique rarement atteinte et d’une somptuositĂ© assortie Ă  la lĂ©gĂšretĂ© du siĂšcle de l’art de vivre. Meissen et Chantilly, un dialogue inĂ©dit au sommet La raretĂ©, l’exotisme de leurs formes et de leurs dĂ©cors, la transluciditĂ© et la puretĂ© de leur blancheur rangeaient les porcelaines parmi les objets les plus recherchĂ©s des amateurs de la premiĂšre moitiĂ© du XVIIIe siĂšcle. GrĂące aux importations de porcelaines chinoises puis japonaises effectuĂ©es majoritairement par la Compagnie hollandaise des Indes orientales, les productions asiatiques emplissaient les boutiques des marchands merciers et les cabinets des collectionneurs. C’était le cas Ă  Dresde et Ă  Chantilly, chez nos deux princes collectionneurs. L’exposition donnera Ă  voir parmi les plus beaux exemplaires de porcelaines asiatiques amassĂ©s par Auguste le Fort, encore conservĂ©s Ă  Dresde. De mĂȘme, pour la premiĂšre fois, les plus belles porcelaines chinoises et japonaises prĂ©sentes Ă  Chantilly jusqu’à la RĂ©volution française vont revenir au chĂąteau, dans les lieux mĂȘmes oĂč le prince les disposait avec goĂ»t ! Nos deux princes collectionneurs ne s’arrĂȘtĂšrent pas lĂ  et voulurent Ă  leur tour crĂ©er leur propre fabrique. Meissen, en Saxe, fut ainsi la premiĂšre manufacture Ă  produire de la porcelaine Ă  pĂąte dure en dehors de la Chine et du Japon, dĂšs 1710. Lorsque la manufacture de porcelaine tendre de Chantilly fut créée en 1730, sous le patronage du prince de CondĂ©, c’était d’ailleurs pour entrer en compĂ©tition avec la grande fabrique Ă  succĂšs de l’époque, celle de Meissen. L’esthĂ©tique dĂ©veloppĂ©e par Meissen et Chantilly Ă©tait rĂ©solument tournĂ©e vers l’ExtrĂȘme-Orient : ces manufactures jouĂšrent un rĂŽle de premier plan en faveur du dĂ©veloppement de la chinoiserie dans le domaine des arts dĂ©coratifs. La porcelaine, matiĂšre exotique par excellence, en Ă©tait l’un des principaux vecteurs. À Chantilly comme Ă  Meissen, c’était notamment aux productions japonaises de style dit Kakiemon qu’il fallait faire rĂ©fĂ©rence, avec des motifs japonisants stylisĂ©s, disposĂ©s sans symĂ©trie ni perspective, mettant en valeur la blancheur de la porcelaine. L’exposition s’attardera sur ces Ă©changes incessants avec les modĂšles asiatiques, sur le dialogue entre les productions de Chantilly et de Meissen, mais aussi sur la crĂ©ativitĂ© de ces derniĂšres, qui s’appuyait Ă©galement sur des recueils de modĂšles. Des assemblĂ©es de riantes pagodes, ces statuettes d’inspiration bouddhique bedonnantes et hautement exotiques, inviteront le visiteur – Ă  l’instar de l’amateur du XVIIIe siĂšcle – Ă  une Chine de fantaisie. Les animaux n’étaient pas en reste : les singes de porcelaine regagneront leur singerie, tandis qu’une mĂ©nagerie et d’extraordinaires voliĂšres de porcelaine vont susciter la surprise et l’émerveillement des visiteurs. Ce sera un vĂ©ritable Ă©vĂ©nement que de voir prĂ©sentĂ©s Ă  Chantilly parmi les objets les plus spectaculaires du siĂšcle, les oiseaux en porcelaine de Meissen grandeur nature créés par les Johann Joachim KĂ€ndler, provenant de la galerie des animaux d’Auguste le Fort au Palais japonais de Dresde, et exceptionnellement prĂȘtĂ©s par les Staatliche Kunstsammlungen de Dresde et le musĂ©e national de CĂ©ramique de SĂšvres. L’histoire de la porcelaine est aussi celle du commerce du luxe. Bien des marchands merciers parisiens vendaient Ă  la fois les productions de Chantilly et de Meissen, les acclimatant au goĂ»t des amateurs par le biais de montures en bronze dorĂ©. On combinait porcelaines de Chantilly ou de Meissen avec de riches montures en bronze dorĂ© et des fleurs en pĂąte tendre, pour former pendules, cartels, Ă©critoires, flambeaux, fontaines, etc. D’éminents collectionneurs particuliers ont prĂȘtĂ© leurs plus belles piĂšces montĂ©es pour permettre de se plonger dans un univers de luxe et de raffinement, oĂč le goĂ»t de l’objet d’art fut portĂ© Ă  son sommet. Une scĂ©nographie spectaculaire Le chĂąteau de Chantilly conserve le dĂ©cor unique en France des appartements du prince de CondĂ© qui crĂ©a la manufacture de Chantilly. C’est dans ces piĂšces rocaille, aux boiseries blanches et or, que seront exposĂ©es les porcelaines, sur un mobilier d’époque de premier ordre, comme au temps des princes. Le visiteur sera ainsi invitĂ© Ă  une expĂ©rience de visite immersive, pour dĂ©couvrir, voire apprendre Ă  apprĂ©cier, des piĂšces qui prennent tout leur sens dans leur environnement de prĂ©sentation originel. Le grand architecte new-yorkais Peter Marino a mis toute sa crĂ©ativitĂ© au service de cette ambition en imaginant une scĂ©nographie extravagante, inspirĂ©e par les dispositifs de prĂ©sentation d’époque. GrĂące aux prĂȘts de musĂ©es nationaux et internationaux, et d’un grand nombre de piĂšces exceptionnelles provenant de collections privĂ©es, l’exposition, par ailleurs l’une des seules jamais consacrĂ©es en France Ă  l’extraordinaire production de la manufacture allemande de Meissen, permettra de redĂ©couvrir des trĂ©sors d’art et de technique, et de s’immerger dans un monde aussi extravagant que raffinĂ©. Catalogue aux Ă©ditions Monelle Hayot Catalogue de l’exposition sous la direction de Mathieu Deldicque, conservateur du patrimoine au musĂ©e CondĂ©, Domaine de Chantilly HĂ©bergĂ© par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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