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đ âLisa Sartorioâ Les dĂ©soeuvrĂ©es Ă la galerie binome, Paris du 16 avril au 14 juin 2025
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âLisa Sartorioâ Les dĂ©soeuvrĂ©es Ă la galerie binome, Paris du 16 avril au 14 juin 2025 Entretien avec Lisa Sartorio, par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă Paris, le 15 avril 2025, durĂ©e 17â33, © FranceFineArt. https://francefineart.com/2025/05/08/3614_lisa-sartorio_galerie-binome/ CommuniquĂ© de presse En 1916, dans lâune de ses fameuses notes, Marcel Duchamp dĂ©finissait par lâexemple le « ready-made rĂ©ciproque » : « Se servir dâun Rembrandt comme planche Ă repasser. » Ă lâinverse des ready-made bien connus, le ready-made rĂ©ciproque entendait convertir une oeuvre dâart en objet utilitaire. Comme les ready-made, il nâintroduisait pas une diffĂ©rence de degrĂ© mais de nature avec lâobjet dâorigine : ce dernier ne devenait pas plus ou moins ce quâil Ă©tait dĂ©jĂ , il Ă©tait dĂ©naturĂ©. Le ready-made rĂ©ciproque nâest restĂ©, pour lâanartiste Duchamp, quâune hypothĂšse. Sa postĂ©ritĂ© nâen est pas moins immense car, de nos jours, il nâest pas un chef-dâoeuvre, de Rembrandt ou autre, que lâindustrie culturelle nâait converti, au mieux en bijou, boĂźte, assiette ou tasse, au pire en set de table, coque de smartphone, ruban adhĂ©sif ou papier hygiĂ©nique⊠Autant dâobjets qui, par leur prolifĂ©ration, sâimposent dans notre quotidien comme les nouveaux modes dâexistence des oeuvres originelles, au point dâeffacer, quand nous les connaissons, la rĂ©alitĂ© de ces derniĂšres de nos mĂ©moires. Le rĂ©cent travail de Lisa Sartorio porte sur la dĂ©naturation de lâart opĂ©rĂ©e, Ă lâĂšre du consumĂ©risme culturel et touristique, par ces ready-made rĂ©ciproques que sont les produits dĂ©rivĂ©s. Lâartiste sâĂ©tait dĂ©jĂ intĂ©ressĂ©e au devenir image des oeuvres dâart quand, en 2013, elle avait collectĂ© sur internet des centaines de reproductions diffĂ©rentes de la Joconde, oeuvre comme il se doit la plus partagĂ©e sur les rĂ©seaux, pour crĂ©er une composition abstraite. Aujourdâhui, les quatre corpus qui forment Les DĂ©soeuvrĂ©es sont consacrĂ©s Ă leur devenir objet. Pour constater lâampleur du phĂ©nomĂšne, Lisa Sartorio a commencĂ© par rĂ©unir, toujours grĂące Ă internet, les produits dĂ©rivĂ©s de deux chefs-dâoeuvre, Amandier en fleurs (1890) de Vincent van Gogh et Le Baiser (1908-1909) de Gustav Klimt, dont elle a assemblĂ© les images dans des compositions saturĂ©es qui, en dĂ©pit de lâhomogĂ©nĂ©itĂ© du motif, laissent apparaĂźtre la diversitĂ© des objets commercialisĂ©s, y compris des chaussures, escarpins ou baskets, pour le tableau de Van Gogh, ou un parapluie, des collants et un skateboard pour celui de Klimt. Une fois imprimĂ©es, elle a utilisĂ© ces compositions pour confectionner des objets en trois dimensions en les moulant sur de la vaisselle, des bouteilles, ustensiles de cuisine, tĂ©lĂ©phones, tongs, etc., quâelle a agencĂ©s dans lâespace. Elle a ensuite photographiĂ© ces natures mortes en variant les lumiĂšres pour souligner la matĂ©rialitĂ© de ces objets. Mais cette matĂ©rialitĂ©, apparente dans les deux dimensions de la photographie, est feinte car, et câest ce qui importe, ces objets sont creux : le geste de lâartiste, qui fait Ă©cho Ă la perte de rĂ©alitĂ© de lâoeuvre dĂ©soeuvrĂ©e en produit dĂ©rivĂ©, a consistĂ© Ă retirer le moule qui, faut-il le rappeler, sâappelle aussi lâĂąme. [...] HĂ©bergĂ© par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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