🔊 “Lucile Boiron” WOMBĂ  la Galerie MadĂ©, Parisdu 7 janvier au 25 fĂ©vrier 2021
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🔊 “Lucile Boiron” WOMBĂ  la Galerie MadĂ©, Parisdu 7 janvier au 25 fĂ©vrier 2021

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“Lucile Boiron” WOMB Ă  la Galerie MadĂ©, Paris du 7 janvier au 25 fĂ©vrier 2021 Extrait du texte de Sylvain Silleran – PhotoSaintGermain 2020 https://francefineart.com/2021/01/07/3016_photosaintgermain/ « [
] Le vrai choc de ce festival est Womb de Lucile Boiron Ă  la galerie MadĂ©. Un poisson Ă©ventrĂ© dont coule un sang-sauce rouge orangĂ© est prĂ©sentĂ© comme une offrande par deux mains dĂ©licates, dansantes ; des visages sont tendus dans une troublante confusion, souffrant ou orgasmiques, Saint SĂ©bastien agonisant ou en pĂąmoison. Des fruits saignent, il y grouille des viscĂšres ou de la vermine. Une bouche s’ouvre pour dĂ©vorer une tranche de jambon, lui donnant un baiser fougueux, une Ă©treinte Ă©rotique. La vie et la mort et la nourriture, la chair rouge, bien vivante, voilĂ  de quoi se rĂ©veiller ! Fruits, viande, poisson, le mangeur et le mangĂ©, tout est corps, sexe, cadavre ressuscitĂ©. Dans cette cuisine divine, oh si divine, le beau et le dĂ©goĂ»tant se confondent dans une excitante confusion, et en couleurs s’il vous plait ! De vraies couleurs de la Renaissance, des couleurs de Botticelli, de beautĂ©s et de grĂąces. » Extrait du communiquĂ© de presse : Lucile Boiron explore et Ă©puise des fragments de chairs, des instants oĂč la nature de l’homme apparaĂźt pour ce qu’elle est avant tout, corruptible. Loin de dresser un inventaire de la rĂ©vulsion, elle interroge la vĂ©ritĂ© biologique des corps, rĂ©ponse photographique Ă  la question du bon et du mauvais goĂ»t. À nous qui ne le voyons plus, le corps rappelle sa vĂ©ritable condition, un territoire porteur d’états partagĂ©s mais uniques, vecteur des traces d’histoires que seules les peaux Ă©prouvĂ©es comprennent. Quand la chose dĂ©jĂ  morte parodie le vivant, la dĂ©composition livre Ă  la pourriture une matiĂšre qui rĂ©pugne. Dans une logique qui lui est propre, la chair se suce et s’avale, s’engloutit, se rejette pour se dĂ©sagrĂ©ger, migrant de l’état solide Ă  l’état liquide. Comme les fluides corporels, les natures mortes de la photographe errent entre ces deux Ă©tats indĂ©terminĂ©s. Festin visuel, vision cannibale, bonheur d’arracher et de dĂ©chiqueter. Les femmes photographiĂ©es par Lucile Boiron dĂ©vorent le monde depuis le siĂšge du sensible. Le gros plan conduit au coeur mĂȘme de l’origine. La scĂšne se joue depuis des temps immĂ©moriaux, avec une jouissance inexplicable, avec les mains, Ă  l’aide des mandibules et de tous les muscles. Toutes rejouent avec dĂ©lectation les moments de redĂ©couverte du sauvage. Ici, le corps socialisĂ© ne cesse de se rĂ©volter. Il laisse entrevoir qu’il est le siĂšge du rĂ©el, le sujet de la photographie. Il se mue en langage, accumulant les inscriptions. Le plaisir et la vermine forment l’horizon d’un quotidien parsemĂ© d’humeurs. Sur et sous la peau, au contact de la viande, une infinitĂ© d’entitĂ©s Ă©tranges prolifĂšrent. Lucile Boiron traque les dĂ©mangeaisons, les rougeurs, les varices
 Il n’y a pas dans le monde rĂ©el de peau Ă©carlate, on n’y rencontre que des Ă©manations qui s’imposent alors comme signes. Des signes que nous rejetons, par dĂ©goĂ»t, parce que nous les considĂ©rons comme avilissants. Ambivalence sĂ©duisante du laid et du rĂ©pugnant suscitent un plaisir Ă  rejouer l’animalitĂ© et jouissance morbide de la contemplation. Asticots grouillants, viande crue, fruits en dĂ©composition, ces images lancinantes obsĂšdent autant qu’elles rĂ©vulsent. Les Ă©mergences cutanĂ©es, contrairement Ă  ce qu’en dit la morale, ne sont pas la consĂ©quence de dĂ©rĂšglements internes ou une punition infligĂ©e. La photographie a quelques difficultĂ©s Ă  affronter croĂ»tes, Ă©coulements et cicatrices. Elle n’y voit qu’un miroir de l’ñme. Le pauvre Job recouvert d’ulcĂšres sait quel est le prix de sa rĂ©demption. La psychologisation de la reprĂ©sentation du corps a cette fĂącheuse tendance Ă  le considĂ©rer comme potentiellement coupable et impropre. Rides, boutons, durillons, traces de petite vĂ©role seraient des rĂ©alitĂ©s mĂ©taphoriques, les stigmates indiscutables de fautes commises, aveux des turpitudes de son propriĂ©taire. Ici, il est au plus prĂšs du rĂ©el, car c’est ainsi que les hommes vivent
 François Cheval , Juin 2019 Le livre WOMB est publiĂ© par Libraryman Award 2019 https://www.libraryman.se/lucile-boiron-womb/ HĂ©bergĂ© par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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