🔊 “Luxes” au musĂ©e des Arts DĂ©coratifs, Parisdu 15 octobre 2020 au 2 mai 2021
FranceFineArt

🔊 “Luxes” au musĂ©e des Arts DĂ©coratifs, Parisdu 15 octobre 2020 au 2 mai 2021

·21 min
Télécharger
“Luxes” au musĂ©e des Arts DĂ©coratifs, Paris du 15 octobre 2020 au 2 mai 2021 Extrait du communiquĂ© de presse : Commissaires Olivier Gabet, Commissaire gĂ©nĂ©ral, Directeur du MusĂ©e des Arts DĂ©coratifs AssistĂ© de CloĂ© Pitiot, Conservatrice au DĂ©partement moderne et contemporain au MusĂ©e des Arts DĂ©coratifs À la suite de « Dix mille ans de luxe », conçue en partenariat avec le Louvre Abu Dhabi en 2019, le MusĂ©e des Arts DĂ©coratifs prĂ©sente, du 15 octobre 2020 au 2 mai 2021, « Luxes ». L’exposition propose un voyage Ă  travers le temps et la gĂ©ographie, alliant des moments de contemplation et des scansions plus monumentales, offrant Ă  chacune des 100 oeuvres prĂ©sentĂ©es l’espace le plus pertinent pour la dĂ©lectation et la comprĂ©hension. Le parcours, chronologique et thĂ©matique, ouvre deux lieux emblĂ©matiques pourtant habituellement fermĂ©s Ă  la visite : le salon 1900, mĂ©moire vivante de l’Exposition universelle de Paris, une commande du musĂ©e pour cĂ©lĂ©brer l’Art nouveau et les arts dĂ©coratifs français, et le salon des Boiseries, dĂ©voilant d’autres chefs-d’oeuvre du dĂ©cor europĂ©en, dont un incroyable lustre de Venini exposĂ© Ă  Paris en 1925, une salle gĂ©nĂ©reuse oĂč lire et rĂȘver, en prenant le temps, face aux Tuileries et au rythme de la ville. Sensible et encyclopĂ©dique, sĂ©lective et historique, l’exposition offre ainsi, pour la premiĂšre fois Ă  Paris et au MusĂ©e des Arts DĂ©coratifs, une certaine idĂ©e du luxe Ă  l’usage du monde contemporain. La scĂ©nographie a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  Nathalie CriniĂšre et Ă  son agence, avec la participation exceptionnelle de la ConfĂ©dĂ©ration europĂ©enne du Lin et du Chanvre. FondĂ© en 1864 par les reprĂ©sentants des industries d’art qui devaient devenir plus tard ce que nous connaissons sous le nom d’industries du luxe, le MusĂ©e des Arts DĂ©coratifs a, sans aucun doute, une lĂ©gitimitĂ© particuliĂšre Ă  proposer une exposition sur un tel sujet. Ses collections se sont constituĂ©es de maniĂšre rĂ©trospective ou simultanĂ©e afin de dĂ©fendre une certaine idĂ©e des arts dĂ©coratifs Ă  la fois français et ouverts sur toutes les cultures artistiques, c’est-Ă -dire de l’art de vivre, de la crĂ©ativitĂ© dans le domaine de l’objet, objet d’art ou objet de mode. En plus de 150 ans, il a su tisser des liens Ă©troits avec les manufactures du XIXe siĂšcle, comme avec ce qui en transmet l’hĂ©ritage contemporain, les maisons du luxe français. TrĂšs tĂŽt en ses rangs, des personnalitĂ©s aussi remarquables que Charles Christofle ou Louis Cartier ont contribuĂ© Ă  faire du musĂ©e, dans ses expositions comme dans ses collections, ce qu’il est aujourd’hui. Sans se limiter Ă  l’idĂ©e d’un luxe Ă  la française, l’exposition Luxes s’emploie Ă  donner Ă  ce sujet si vaste, d’un point de vue anthropologique et culturel, toute son ampleur universelle, portĂ©e par un choix trĂšs serrĂ© d’oeuvres ou d’ensembles d’oeuvres, qui sont autant de moments cruciaux, tĂ©moins d’une Ă©volution de la notion de luxe, de son emploi dans une civilisation donnĂ©e. Elle souligne des points moins connus du grand public pour lequel la notion de luxe est de nos jours trĂšs profondĂ©ment dĂ©finie par la prĂ©sence massive des marques dans notre quotidien, mots-sĂ©sames du fantasme de la consommation, logos surreprĂ©sentĂ©s dans l’espace urbain, artĂšres des mĂ©tropoles ou aĂ©roports d’un monde globalisĂ©, en somme une nouvelle lingua franca Ă  l’échelle de la planĂšte. Si certaines maisons apparaissent dorĂ©navant comme consubstantielles Ă  l’idĂ©e mĂȘme du luxe, l’idĂ©e force de l’exposition Luxes est de ne pas s’y rĂ©duire. À travers siĂšcles et civilisations, des objets insignes marquent une sorte de gĂ©nĂ©alogie du luxe, commençant par le sablier de Marc Newson, objet suprĂȘme qui symbolise le luxe du temps, puis par les plus beaux exemples de l’AntiquitĂ©, cuiller Ă  fard Ă©gyptienne ou piĂšces insignes du TrĂ©sor de Boscoreale . Faite de choix drastiques et de partis pris, l’exposition dessine une histoire du luxe qui pourrait ĂȘtre toute autre selon l’optique de commissaires diffĂ©rents. Elle souligne l’aspect matĂ©riel et objectif de cette incarnation du luxe, cette patiente dĂ©fense de savoir-faire transmis d’une gĂ©nĂ©ration Ă  l’autre. Elle rappelle combien l’histoire de l’art en gĂ©nĂ©ral, et l’histoire des arts dĂ©coratifs en particulier, est modelĂ©e par l’archĂ©ologie du luxe, les objets prĂ©cieux conservĂ©s avec soin et transmis, qu’ils soient cachĂ©s dans la panique de l’éruption du VĂ©suve (Boscoreale) ou pieusement lĂ©guĂ©s par les trĂ©sors princiers (coffret de Mangot). Notion mouvante et poreuse, le luxe s’incarne dans tant de rĂ©alitĂ©s diffĂ©rentes, quelquefois façonnĂ©es de paradoxes radicaux. Au XVIIIe siĂšcle, l’effervescence dĂ©corative du luxe chinois offre un saisissant contraste au sentiment de l’épure si cher au luxe japonais, ces cĂ©ramiques Ă©lĂ©mentaires, rĂ©parĂ©es avec dĂ©licatesse lorsqu’elles ont Ă©tĂ© brisĂ©es, Ă  l’instar de la pratique du Kintsugi . Aux temps mĂ©diĂ©vaux, le luxe, ce sont les Ă©pices, le sel, les produits les plus rĂ©pandus Ă  notre Ă©poque. À la Renaissance, une cuiller ouvragĂ©e Ă©pousant un coquillage de porcelaine est d’un luxe Ă©blouissant et distinctif. Au XVIIe siĂšcle l’Europe se ruine pour les tulipes
 Aux XVe et XVIe siĂšcle, l’ otium , le loisir des Romains, est une autre forme de luxe, quand le peuple lui n’a d’autre choix que de travailler : jeux de cartes d’un raffinement extrĂȘme, backgammon marquetĂ©, mais aussi instruments scientifiques et manuscrits rares, tant le savoir est une forme de luxe en soi. C’est plus tardivement, au XVIIe siĂšcle avec les manufactures royales assises sur le pouvoir et le rayonnement louisquatorziens, puis au XVIIIe siĂšcle avec l’avĂšnement des marchands-merciers, « marchands de tout, faiseurs de rien », habiles Ă  crĂ©er des objets dont les clients raffolent mĂȘme s’ils n’en ont guĂšre besoin, que le luxe proche de son acception contemporaine s’épanouit, renforcĂ© au XIXe siĂšcle par les luttes artistiques qu’incarnent aussi les Expositions universelles oĂč crĂ©ativitĂ© et progrĂšs technologique deviennent l’obsession des industries d’art en Europe, aux États-Unis mais aussi, dĂ©jĂ , en Asie. Au mĂȘme moment, en rĂ©volutionnant l’idĂ©e de ce qu’est la mode, non plus une simple toquade de cliente, mais la signature, la griffe, qui impose un geste crĂ©ateur en tant que tel, Charles Frederick Worth promeut la naissance de la haute couture. HĂ©bergĂ© par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

© 2026 FrancoPod

Language
Site