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đ âMatisseâ comme un romanau Centre Pompidou, Parisdu 21 octobre 2020 au 22 fĂ©vrier 2021
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âMatisseâ comme un roman au Centre Pompidou, Paris du 21 octobre 2020 au 22 fĂ©vrier 2021 Extrait du communiquĂ© de presse : Commissaire : AurĂ©lie Verdier, Conservatrice, Collection moderne, Centre Pompidou, MusĂ©e national dâart moderne, Paris ChargĂ©es de recherche : Anne ThĂ©ry Assistante commissaire : Marjolaine Beuzard, AttachĂ©e de conservation Ă lâoccasion du cent cinquantiĂšme anniversaire de la naissance dâHenri Matisse (1869-1954), le Centre Pompidou lui rend hommage au travers de lâexposition « Matisse, comme un roman » riche de plus de 230 oeuvres et 70 documents et archives. « Lâimportance dâun artiste se mesure Ă la quantitĂ© de nouveaux signes quâil aura introduits dans le langage plastique », dĂ©clarait Matisse. Sa vie durant, il a Ă©tĂ© ce novateur dĂ©cisif. Un parcours chronologique en neuf chapitres retrace les dĂ©buts du jeune artiste, tard venu Ă la peinture dans les annĂ©es 1890, jusquâĂ la libĂ©ration complĂšte de la ligne et de la couleur avec les gouaches dĂ©coupĂ©es rĂ©alisĂ©es Ă la fin de sa vie. Lâexposition dĂ©ploie pour la premiĂšre fois une centaine dâĆuvres issues de la collection du MusĂ©e national dâart moderne, lâune des plus significatives par son importance, reprĂ©sentative de toutes les techniques approfondies inlassablement par Matisse. Pour cet Ă©vĂ©nement en forme de cĂ©lĂ©bration, la collection du Centre Pompidou est Ă©toffĂ©e de prĂȘts remarquables consentis par les musĂ©es hexagonaux : les deux musĂ©es Matisse, au Cateau- CambrĂ©sis et Ă Nice, ainsi que la riche collection Matisse du musĂ©e de Grenoble, dont lâIntĂ©rieur aux aubergines (1911), est dĂ©placĂ© pour lâexposition de maniĂšre exceptionnelle. Cette rĂ©union dâoeuvres-clĂ©s issues de collections françaises et internationales majeures, publiques et privĂ©es, illustre la trajectoire de Matisse sur plus de cinq dĂ©cennies au cours desquelles se sont Ă©crites des pages capitales de lâart moderne. Rejouant le titre de lâouvrage de Louis Aragon, Henri Matisse, roman (1971), lâexposition « Matisse, comme un roman » reprend son principe de cheminer dans lâoeuvre, cherchant, comme dans le livre, A capter « une lueur sur ce qui se passe ». Chacune des neuf sĂ©quences de lâexposition est Ă©clairĂ©e par le regard dâun auteur portĂ© sur lâoeuvre matissien : Louis Aragon, Georges Duthuit, Dominique Fourcade, Clement Greenberg, Charles Lewis Hind, Pierre Schneider, Jean Clay et Henri Matisse lui-mĂȘme. En Ă©cho Ă ces Ă©crivains, critiques et poĂštes, lâexposition interroge la relation de Matisse Ă toutes les Ă©critures â du signe plastique au mot. « OĂč marquer ce commencement ?(1) », sâinterroge Aragon dans Henri Matisse, roman. DĂšs ses dĂ©buts dans les annĂ©es 1890, Matisse sâessaye Ă diffĂ©rentes pratiques. Ce peintre, sculpteur, dessinateur, graveur voulait trouver « une Ă©criture pour chaque objet ». Artiste de lâexigence critique, soucieux dâapporter sa vie durant un Ă©clairage sur son processus crĂ©atif, il fait naĂźtre malgrĂ© lui un Matisse Ă©crivain. Ainsi, « Matisse explique Matisse(2) » : « un tableau fauve est un bloc lumineux formĂ© par lâaccord de plusieurs couleurs, formant un espace possible pour lâesprit (dans le genre, Ă mon sens, de celui dâun accord musical) [âŠ](3) ». Durant la pĂ©riode fauve (1905-1906), il sâaventure dans une reformulation radicale de la couleur et du dessin. Cette authentique rĂ©volution du regard se reconfigure dans les annĂ©es 1910 autour dâune rĂ©flexion sur le dĂ©coratif, dont lâun des exemples les plus magistraux est lâIntĂ©rieur aux aubergines (1911), seul des « intĂ©rieurs symphoniques » Ă ĂȘtre conservĂ© en France. Cette nouvelle Ă©criture plastique ne se fixe pour autant pas en un style : dans les annĂ©es 1910, le peintre cherche Ă Ă©prouver les diverses tendances qui traversent la scĂšne artistique de son Ă©poque â le cubisme, notamment, avec TĂȘte blanche et rose (1914). En 1917, son dĂ©part pour Nice et la dĂ©cennie qui sâensuit dĂ©laisse la dimension expĂ©rimentale dâun art parvenu presque au seuil de lâabstraction : le peintre choisit de retourner Ă un sujet modelĂ© par la lumiĂšre. La question littĂ©raire dans lâoeuvre de Matisse prend un nouveau tour Ă partir des annĂ©es 1930, alors quâil sâattache au livre illustrĂ© avec les PoĂ©sies de MallarmĂ©, qui entrent en rĂ©sonance avec certaines toiles iconiques de cette pĂ©riode comme Nymphe dans la forĂȘt (La Verdure) (1935-1943). En 1947, Matisse parvient avec Jazz Ă entrelacer la plastique et le mot, en concevant des gouaches dĂ©coupĂ©es et des textes manuscrits. Le caractĂšre expansif de la couleur et du noir et blanc se retrouve dans le dialogue intime entre les « IntĂ©rieurs de Vence » et les dessins au pinceau. Enfin, les vitraux colorĂ©s et les cĂ©ramiques de la chapelle de Vence Ă la fin de sa vie, tĂ©moignent encore dâune migration ininterrompue de lâĆuvre Ă lâĂ©criture dans ce que Matisse voyait comme un grand livre ouvert dans lâespace. Catalogue de lâexposition Matisse, comme un roman aux Ă©ditions du Centre Pompidousous la direction de AurĂ©lie Verdier. 1â Louis Aragon, âAnthologie Iâ dans Henri Matisse, roman (1971), Paris, Gallimard, Collection Quarto, 2013, p. 373. 2â Jean Clay, âMatisse explique Matisseâ, RĂ©alitĂ©s, fĂ©vrier 1973, p.82-97. 3â Lettre de Henri Matisse Ă Marguerite Duthuit, n325, non datĂ©e, (1949-1950), citĂ©e dans RĂ©mi Labrusse, Matisse, la condition de lâimage, Paris, Gallimard, 1999, p. 37 HĂ©bergĂ© par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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