🔊 “RaphaĂ«lle Peria” Fluo BleachingĂ  la Galerie Papillon, Parisdu 3 octobre au 7 novembre 2020
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🔊 “RaphaĂ«lle Peria” Fluo BleachingĂ  la Galerie Papillon, Parisdu 3 octobre au 7 novembre 2020

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“RaphaĂ«lle Peria” Fluo Bleaching Ă  la Galerie Papillon, Paris du 3 octobre au 7 novembre 2020 Extrait du communiquĂ© de presse : Entretien entre GaĂ«l Charbau et l’artiste – Ă©tĂ© 2020 GaĂ«l Charbau : La sĂ©rie d’oeuvres que tu prĂ©sentes Ă  la galerie Papillon marque une nouvelle Ă©tape dans ta pratique, quel a Ă©tĂ© son point de dĂ©part ? RaphaĂ«lle Peria : En dĂ©but d’annĂ©e, j’avais pour projet de partir Ă  Tahiti pour rendre visite Ă  une association avec laquelle je suis en lien, qui tente de sauvegarder des coraux en permettant Ă  tout le monde de les parrainer. Ils protĂšgent et font pousser les coraux grĂące Ă  des couveuses, puis les rĂ©introduisent ensuite dans leur environnement naturel. Je devais y rĂ©aliser des photos, qui sont toujours la base de mes oeuvres, pour les retravailler Ă  mon habitude. Le confinement a bouleversĂ© mes plans
 ! Je me suis donc dĂ©cidĂ©e Ă  faire la tournĂ©e des aquariums pour constituer une banque d’image de ces coraux, que j’ai photographiĂ©s dans ces environnements « fictifs ». Les aquariums se sont rĂ©vĂ©lĂ©s trĂšs intĂ©ressants comme point de dĂ©part, car ce sont des espaces composĂ©s, mis en scĂšne, comme des dioramas, avec une prĂ©sence trĂšs forte de la lumiĂšre qui affirme les couleurs. G.C. : C’est en effet la premiĂšre sensation que l’on Ă©prouve, cette prĂ©sence nouvelle de la couleur dans ton travail
 R.P. : J’en avais trĂšs envie ! Les coraux offrent une trĂšs grande variĂ©tĂ© de textures et de matiĂšres. Ma technique de grattage de l’image photographique fait toujours ressurgir la blancheur du papier, dans cette nouvelle sĂ©rie j’ai voulu pour la premiĂšre fois introduire directement la couleur, et donc la peinture. G.C. : Il y a deux sĂ©ries, l’une oĂč la peinture est traitĂ©e en aplat qui vient crĂ©er comme des « taches » dans l’image, et l’autre oĂč tu as peint des sacs plastiques sur des photographies en noir et blanc. Peux-tu m’expliquer ton procĂ©dĂ© ? R.P. : Pour les images de sacs plastiques, pour la premiĂšre fois ce ne sont pas mes photographies. J’ai collectĂ© des vues sous-marines libres de droit sur internet. J’ai ensuite Ă©tabli une collection de photos de sacs : je les ai isolĂ©s et placĂ©s par montage dans les fonds, puis je les ai peints, directement sur la photo. Pour les images en noir et blanc, j’ai parfois creusĂ© la surface avant de la peindre. J’ai travaillĂ© avec la peinture Flashe, qui est Ă  mi-chemin entre la gouache et l’acrylique et qui fonctionne parfaitement avec la surface des tirages photos. G.C. : Le fait d’amener la peinture en aplat rend l’image presque complĂštement abstraite et lui ĂŽte sa profondeur, un peu comme dans la perspective dite « Ă©tagĂ©e » que l’on retrouve chez les primitifs et dans diffĂ©rentes civilisations
 R.P. : Oui, on Ă©prouve aussi cette sensation de collage dans les formats assez grands. Et comme je travaille toujours avec de petits outils, on perçoit certainement moins qu’avant cette texture triturĂ©e de l’image. On se perd plus facilement dans l’oeuvre qui devient un vĂ©ritable paysage Ă  parcourir, un espace. G.C. : Mais ce qui est paradoxal, c’est que ces sacs plastiques deviennent dĂšs lors trĂšs esthĂ©tiques
 R.P. : J’aime jouer sur cette ambiguĂŻtĂ©, j’ai fait en sorte de crĂ©er ces taches allusives pour qu’on ne puisse pas immĂ©diatement voir qu’il s’agit de sacs plastiques. Le titre de l’exposition, Fluo Bleaching, vient du terme « coral bleaching » que l’on utilise pour parler du blanchissement du corail, qui meurt notamment en raison de notre impact environnemental. C’est aussi pour cela que j’ai intitulĂ© la sĂ©rie Les voleurs de couleurs, c’est un peu comme s’ils venaient voler toute la couleur des coraux
 G.C: Depuis quand date cet engagement Ă©cologique dans ton travail ? R.P. : Je crois que ça date de ma premiĂšre exposition Ă  la Galerie Papillon, lorsque j’ai choisi l’endroit oĂč je prenais les photos. J’ai commencĂ© Ă  recenser des Ă©cosystĂšmes dont j’ai envie de parler. Ça a commencĂ© avec les ruines d’EphĂšse et d’Angkor, lieux oĂč l’on perçoit la dualitĂ© homme/nature, et comment cette derniĂšre reprend ses droits. Ensuite, je me suis orientĂ©e vers des sites oĂč sont visibles les changements climatiques ou la surexploitation des ressources sur un Ă©cosystĂšme. Les derniĂšres sĂ©ries que j’ai rĂ©alisĂ©es ont pour sujet les marĂ©cages du nord de la France (Narcissus in Flores) oĂč j’ai pu faire des recherches sur des plantes disparues. Une autre sĂ©rie (Aridatis et Inundatio) est dĂ©diĂ©e Ă  une citĂ© thermale implantĂ©e Ă  cĂŽtĂ© d’un lac en Argentine oĂč je suis allĂ©e l’annĂ©e derniĂšre. Des entrepreneurs corrompus y ont construit une digue mais en dĂ©tournant une partie de l’argent
 La construction n’a pas rĂ©sistĂ© Ă  l’immense inondation qui a dĂ©vastĂ© la ville et l’a plongĂ©e 14 ans sous l’eau
 Il y a quelques annĂ©es, l’eau a commencĂ© Ă  se retirer et j’ai photographiĂ© les premiĂšres plantes qui Ă©mergent de ces ruines que l’on dĂ©couvre au fur et Ă  mesure. J’essaie de donner du sens aux voyages que je fais, et mon travail tĂ©moigne dĂ©sormais de cette prise de conscience. G.C : Tes images sont pourtant assez ambiguĂ«s, car mĂȘme si dans cette nouvelle sĂ©rie la peinture est un Ă©lĂ©ment « artificiel » ou exogĂšne, elle en devient fascinante, crĂ©ant une surprise visuelle qui enrichit beaucoup l’image photographiĂ©e
 R.P. : C’est vrai, mais ces « taches » viennent aussi jouer en contraste avec la blancheur maladive du corail. Les titres des oeuvres sont par ailleurs les noms latins des coraux prĂ©sents sur l’image, Ă  la façon d’un relevĂ© scientifique. Le corail meurt notamment en raison du rĂ©chauffement de l’eau. Il est normalement habitĂ© par des polypes, qui migrent ou qui meurent Ă  une certaine tempĂ©rature, raison pour laquelle le corail perd toute sa couleur. J’ajoute donc pour la premiĂšre fois de la matiĂšre « peinture » pour souligner la richesse vitale de ce qui est photographiĂ©. HĂ©bergĂ© par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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