🔊 “Real Madrid” Postoristoroau Centre culturel Suisse, Parisdu 9 mai au 18 juillet 2021
FranceFineArt

🔊 “Real Madrid” Postoristoroau Centre culturel Suisse, Parisdu 9 mai au 18 juillet 2021

·11 min
Télécharger
“Real Madrid” Postoristoro au Centre culturel Suisse, Paris du 9 mai au 18 juillet 2021 Interview de Real Madrid, et de Claire Hoffmann, responsable de la programmation arts visuels du Centre culturel suisse et commissaire de l’exposition, par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 7 mai 2021, durĂ©e 11’19, © FranceFineArt. Extrait du communiquĂ© de presse : commissaire de l’exposition : Claire Hoffmann, responsable de la programmation arts visuels du Centre culturel suisse S’appropriant le nom d’une marque d’une Ă©quipe de football, le collectif Real Madrid utilise les mĂ©canismes de mĂ© communication de masse pour brouiller les pistes, fluidifier les identitĂ©s de genre et jouer Ă  un double jeu avec de l’esprit d’équipe et les systĂšmes de commercialisation. Avec lĂ©gĂšretĂ© et poĂ©sie, Real Madrid dĂ©veloppe des rĂ©cits autour de sexualitĂ©s, de corps marginalisĂ©s, malades ou dĂ©pendants. Depuis 2015, Real Madrid se sert de ce nom de collectif pour mettre en lumiĂšre des causes de populations stigmatisĂ©es, exclues et oppressĂ©es par la sociĂ©tĂ© dominante et normative. Les communautĂ©s LGBTQIA+, les personnes atteintes d’une infection sexuellement transmissible, en particulier le VIH, ou encore des jeunes cherchant des lieux de rencontre et de libertĂ© dans l’espace public, sont les protagonistes autonomes et fiers de leur univers. Pour dĂ©tourner le discours public dĂ©gradant ou condescendant qui cible ces personnes, Real Madrid laisse carrĂ©ment s’emballer cet imaginaire et donne forme Ă  ces fantasmes : Des petites figures de bandes dessinĂ©es, du mobilier urbain, des fruits en dĂ©composition, des emballages de produits de consommation peuplent leurs installations. Par ces objets quotidiens, Ă©lĂ©ments issus de l’imaginaire collectif Ă  l’esthĂ©tique pop anodine, il dĂ©voile la perspective biaisĂ©e, les peurs exagĂ©rĂ©es et les mĂ©canismes du « othering », (rendre « autre », inconnu et inquiĂ©tant) qui sont Ă  la base des principes d’exclusion et de discrimination. Ce travail de longue date de Real Madrid connait une nouvelle actualitĂ© dans la crise actuelle, oĂč la gestion de la santĂ© publique est Ă  la Une, et qu’augmentent les stigmatisations et les inĂ©galitĂ©s sociales tout en Ă©tant de plus en plus invisibilisĂ©es. Pour Postoristoro , Real Madrid s’inspire d’un lieu ( posto ) de rafraĂźchissement ( ristoro ), prenant comme modĂšle ces bars un peu ternes, entre station-service et restaurant de gare, ouverts 24h/24 dans une petite ville. Le titre de l’exposition reprend celui d’une nouvelle de P.V. Tondelli de 1980, situĂ©e dans l’environnement des annĂ©es 1970 au milieu des luttes ouvriĂšres et mouvements de libĂ©rations sexuelle des pertes d’emploi, de la crise de l’hĂ©roĂŻne, elle est pourtant infusĂ©e d’espoirs d’une vie meilleure, d’un ailleurs. Dans son rĂ©cit autobiographique On Earth We’re Briefly Gorgeous (2019), Ocean Vuong dĂ©crit sa dĂ©pendance aux opioĂŻdes et son parcours pour trouver son identitĂ©, ses rĂȘves en tant que queer et fils d’immigrants dans une AmĂ©rique dĂ©labrĂ©e – qui pourrait ĂȘtre une version contemporaine de la nouvelle de Tondelli. Dans ces diffĂ©rentes prises de parole se retrouvent donc des positions qui ne veulent pas cĂ©lĂ©brer une esthĂ©tique d’une jeunesse perdue ou de stupĂ©fiants – mais bien au contraire, qui osent regarder, donner des mots et des images Ă  ces rĂ©alitĂ©s de vie qui sont trop aisĂ©ment oubliĂ©es. Tout dĂ©pend, comme le dit Vuong dans son texte, de quel point de vue on parle : « It is a beautiful country depending on where you look (
). It’s a beautiful country (
), depending on who you are ». Claire Hoffmann Postoristoro par Real Madrid Postoristoro est dĂ©diĂ© aux petits tas de seringues laissĂ©es prĂšs d’un banc ou sur des chantiers, derriĂšre des buissons sombres ou des poubelles : des ĂȘtres que nous n’étions pas autorisĂ©s Ă  voir, jusqu’à ce que nous les ayons vus. Cousins des lutins de contes de fĂ©es que seuls les enfants peuvent habituellement apercevoir, ou plutĂŽt comme des mini-ogres hĂ©rissĂ©s prĂȘts Ă  les enlever. Selon la lĂ©gende, « ils habitent l’herbe, invisibles jusqu’à ce que vous sentiez ce petit pincement qui rĂ©veille les bactĂ©ries et les virus endormis sur leur aiguille, sinon abandonnĂ©s Ă  leur propre absurditĂ©, comme de microscopiques animaux de compagnie errants. Si vous les regardez fixement, ils vous sautent dessus ». Les toxicomanes ont eux aussi pu rendre visite Ă  ces crĂ©atures fantastiques. De hautes sociĂ©tĂ©s cachĂ©es de seringues vivant dans de minuscules cahutes en peau de citron et se nourrissant des restes d’un trip – superinfecteurs contraignant les esprits les plus faibles Ă  leur volontĂ© no future, le premier tour est gratuit. À chaque trĂ©sor repĂ©rĂ© sur le sol : « Alors c’est ça, je suis en danger ? Aie peur des choses ! » Une addiction ne vient pas forcĂ©ment de quelque chose qu’on met dans son corps : nous dĂ©pendons de la coexistence. Postoristoro ne parle pas d’une jeunesse en train de se dĂ©foncer ; il Ă©voque un lieu oĂč les marginalisĂ©s peuvent se reposer, faire une pause assoupie de l’avenir, un abri pour les oisifs, leur prioritĂ© aiguisĂ©e et blessante, radicalement opposĂ©e Ă  un besoin de productivitĂ©. Les parasites, euh
 Les parasols peuvent vous protĂ©ger des UV et des OD. Des parasols de libĂ©ralisme, de marques et de bien-ĂȘtre, sous lesquels la validitĂ© de votre expĂ©rience vĂ©cue est sauve. Postoristoro est un bistro dans une gare oĂč certains sont restĂ©s coincĂ©s, ses murs encroĂ»tĂ©s par les mouvements de classes des annĂ©es 70 marquĂ©s par des accusations mutuelles de parasitisme ( bruit de papier d’aluminium brĂ»lant au rythme d’Emilia Paranoica ). Plusieurs banlieues, des provinces entiĂšres Ă  l’agonie, imbibĂ©es aprĂšs un dĂ©luge de produits pharmaceutiques ( bruit de chute d’opiacĂ©s ). Des parasols de protection sont donnĂ©s aux « gens biens » dans les annĂ©es 80 : une autre Ă©pidĂ©mie se dĂ©veloppe en arriĂšre-plan ( pas de son ). Les familles de la classe ouvriĂšre obtiennent jusqu’ici des manteaux de marque inabordables et des goodies coĂ»teux ; on leur propose de se contenter d’un certain bien-ĂȘtre. La flĂšche lancĂ©e par ce Cupidon m’a carrĂ©ment fait un truc bizarre. HĂ©bergĂ© par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

© 2026 FrancoPod

Language
Site