Le nationalisme du Baas au clan Assad / Z. Majed et T. Pierret
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Le nationalisme du Baas au clan Assad / Z. Majed et T. Pierret

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Arabisme et syrianité : le nationalisme du Baas au clan Assad - Épisode 6 - Conférence publique du 12 mars 2026 8mn - Présentation du fonds Michel Seurat, par Didier Inowlocki, chargé de collections pour le domaine arabe à la BULAC 08:00 - 00:52mn : Ziad Majed, Professeur (Université américaine de Paris) 00:52mn - 1h20 : Thomas Pierret, Chargé de recherche (CNRS, IREMAM, Aix-Marseille Université) Dans une époque marquée par l’impact du colonialisme et les défis identitaires, le Parti Baas est un parti fondé relativement tardivement par rapport aux autres grands mouvements du nationalisme arabe. Officialisé à Damas en 1947 par Michel Aflaq et Salah al-din Bitar à Damas, il avait pour ambition l’unité politique du monde arabe et la justice sociale. Les idées du Parti socialiste d'Akram al-Hourani sont intégrées lors d'une fusion en 1953 et donnent au Baas sa base idéologique singulière, rurale et révolutionnaire, face au marxisme d'une part, et au nassérisme d'autre part. En 1958, l'union entre l'Égypte et la Syrie forme la République arabe unie, soutenue par les bassistes malgré leurs hésitations envers Nasser. Cette union s'effondre en 1961, entraînant une tentative des bassistes de se réorganiser comme alternative au nassérisme. Les coups d'Etat de 1963 puis de 1966 manifestent le rôle croissant des militaires au sein du parti et la division avec la branche irakienne (notamment sur la question de la Palestine). Le "néo-Baas" qui prend le pouvoir en 1966 est mené par l'aile militaire (H. al-Assad devient ministre de la Défense) et nationaliste syrienne, hostile à la direction historique du parti (qui est arrêtée ou part en exil) et soucieuse de modérer le programme socialiste. Ce mouvement nationaliste, laïc mais valorisant la culture arabe et l’islam comme héritage culturel, prônant la justice sociale et les nationalisations, deviendra lors de la prise de pouvoir d’Hafez al-Assad en 1970, l’instrument d’un pouvoir personnel. Combinant culte de la personnalité, recrutement militaire des membres de sa communauté (alaouite) et multiplication des services de renseignements, Hafez al Assad assure un contrôle total sur la société syrienne. Le régime écrase toute opposition comme à Hama en 1982 ou dans la prison de Palmyre. Malgré un discours socialiste, le système évolue vers la corruption et le clientélisme avec la mise en place de réseaux familiaux autour du clan Assad. Sur le plan international, la Syrie adopte une politique pragmatique : instrumentalisation de la cause palestinienne, troupes combattant sous drapeau américain lors de l'invasion du Koweït, accord avec l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis pour obtenir le contrôle du Liban après les accords de Taëf. En 2000, à la mort d’Hafez al-Assad, une modification constitutionnelle permet à son fils Bachar d'accéder à la présidence malgré son jeune âge (34 ans). Sous son règne, l'économie syrienne commence à se libéraliser avec de nouvelles privatisations et une nouvelle génération d'hommes d'affaires proches du régime ouvrant la voie à plus de corruption. Le régime reste politiquement fermé et la révolte éclate en 2011. Modération : Philippe Pétriat (Université Paris 1-Panthéon Sorbonne, IISMM) Programmation : Sophie Bilardello (CNRS, IISMM) Captation : BULAC

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