
Sur le chemin de Saint-Jacques Sois béni, toi le peintre offrant au pèlerin, les clés du labyrinthe de son sacré chemin. Comme la bouée en mer prévenant des barrières, elle le sécurise ta précieuse balise. Son rouge universel forme une ligne qui tranche la piste dont le ciel luit d'une lumière blanche. Le charme du détour au vent de liberté ne tient que d'un retour dans la sérénité. Tutoyant ses limites, le pèlerin évite ici de s'égarer pour mieux se retrouver. Il endure tellement ses pieds, son poids, son sac, le ravitaillement, son souffle et le bivouac. À vivre l'aventure uni à la nature, en rencontrant ses pairs, se contactant lui-même, ressentant ce qu'il aime, ce à quoi il aspire, ce que son cœur retire, il trace les frontières et révise le sens de toute son existence. Être là pour re-con-naître, littéralement renaître dans ce "SOI" indicible, son "jusqu'où possible", potentiel par lequel, aux confins du Réel, il quittera l'utopie, lâchera les rêves d'autrui pour enfin s'épouser et se réenfanter. Chargé de mise au monde, désirant plus que tout, le pèlerin abonde en misant son va-tout. Cheminement pour lui qu'une telle dépense, dont il croit pour acquis une seule fois la substance. Ainsi, risquer le leurre en dehors de sa route est ce qui lui fait peur et le pire qu'il redoute, à moins qu'il ne s'habite à voir que ses limites, sont des cloisons instables abritant des ressources plus qu'inimaginables. Mille merci pour lui et chapeau compagnon ! Auteur à ta façon, à faire des équations tantôt de pénurie, tantôt de redondance, avec des croix, des stries, des flèches et des silences. Tu sais jouer de nuances d'absence, de négation et de répétition, allant jusqu'à oser une communication dans le sens opposé. Le hasardeux marcheur a bien droit à l'erreur. Parti en discussion ou dans une connexion, il laisse de côté une bifurcation pourtant bien indiquée. Les marques, c'est certain, inscrites de ta main, s'adressent aux pèlerins restés sur le chemin. Les autres sont en errance à l'exacte distance entre vaine ignorance et juste cohérence. Veille à tes pas, marcheur ! Si ta voie n'a plus l'heur d'arborer de couleur, tu dois choisir sur l'heure dans ton for intérieur quelle marque est la meilleure : celle-ci, déjà derrière, ou celle que tu espères tant que tu persévères ? Heureux celui qui marche en rayonnant sa foi dans ses pas, sur la voie. Il parcourt avec grâce son chemin balisé et personnalisé sur lequel il est digne, en écoutant les signes, de bien se retrouver quand il s'est éloigné. --- Texte déposé : ©Renaud Soubise Musique : © Guy Marchand - Destinée - Niveau Avancé - Piano (Partition Elie Drai) ; musique pour vlog ou chanté libre de droit piano compo (Manumusique) Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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