
Dao, comme nous l’explique un carton qui ouvre le nouveau long-métrage du réalisateur Alain Gomis ainsi titré, cela signifie « mouvement perpétuel et circulaire, qui coule en toute chose et unit le monde ». Et c’est bien cette ambition de capter un tel mouvement qui anime le cinéaste en mettant et montant en parallèle deux cérémonies familiales reliées entre elles à travers le personnage de Gloria, personnage principal de ce film choral, qui réenterre son père et marie sa fille. La première cérémonie est un rite animiste qui se tient dans un village de Guinée Bissau un an après la mort du père. La seconde est un mariage qui se tient dans une ferme de la campagne française louée à l’occasion des noces de la fille. En donnant des rôles à des acteurs et actrices professionnels et non professionnels, y compris à sa propre famille ; en brouillant les pistes entre fiction et documentaire ; en mêlant improvisation et dialogues et scènes jouées et non jouées ; ou encore en donnant accès au making of du long-métrage au point de le débuter par son casting préparatoire, Alain Gomis semble vouloir troubler les rapports entre le vrai et le faux, mais avec néanmoins l’envie d’atteindre à une vérité de ce tout qui peut se jouer dans les rapports familiaux : émotions inattendues ou échanges convenus, gênes soudaines ou joies explosives, poids et légèreté tout à la fois de s’inscrire dans une généalogie et d’être pris dans des liens qui peuvent enfermer ou libérer… Dao, d’Alain Gomis est sorti en salles le 29 avril dernier. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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