
Vendredi 10 février, l’humoriste Pierre Palmade a eu un grave accident de voiture alors qu’il conduisait sous l’emprise de la cocaïne. Ces circonstances ont remis sur la table un sujet de santé publique, celui des drogues et notamment celui du chemsex. Contraction des mots anglais chemical sex, ou sexe sous drogues en français, cette pratique est apparue dans les pays anglo-saxons il y a une vingtaine d’années et s’est répandue en Europe. Il s’agit d’utiliser des substances psychoactives diverses pour rendre l’acte sexuel plus fort et décupler les sensations. Ces drogues peuvent être multiples : cocaïne, GHB ou encore drogues de synthèse comme la 3MMC, fabriquées en laboratoire. Et le danger est grand pour les consommateurs. Yann Botrel, hypnothérapeute spécialisé en addictologie, adjoint au maire à la ville de Charly et membre de l’association Elus Locaux contre le Sida, explique que “cela peut provoquer des comas, qu’il y a aussi des risques de dépendances très forts, de contaminations aux IST également puisque souvent les pratiquants oublient le préservatif. Ily a des risques d’agressions sexuelles parce qu’on perd le contrôle de soi-même et la question du consentement n’est alors plus posée. Et enfin, cette pratique peut perturber la sexualité parce que les sensations sont démultipliées et les utilisateurs deviennent à la fois addicts au produit mais aussi à l’acte en lui-même”.Si le chemsex s’est surtout répandu dans le milieu homosexuel, la pratique est en train d’infuser dans le milieu étudiant notamment.Yann Botrel craint une augmentation des dépendances, des décès et des contaminations aux IST si rien n’est fait. Il a alors écrit une lettre, le 8 février dernier, au ministère de la santé pour alerter le gouvernement et les députés sur les dangers du chemsex. L'hypnothérapeute de Saint-Genis-Laval espère ainsi qu’une grande étude épidémiologique sera faite pour mettre en évidence le fait que cette pratique est très présente en France. Il préconise ensuite de faire des actions de prévention. “Il faut que les parents sachent que lorsqu’on a des ados à la maison c’est très facile de se faire embarquer dans ce genre de choses et qu’une fois suffit pour qu’il se passe un drame. Il faut aussi dire que ça peut arriver à tout le monde. Tous les pratiquants de chemsex ne sont pas délurés, il y a des gens de tous niveaux socio-culturels.” Yann Botrel espère que le gouvernement décidera de donner desmoyens pour alerter et prévenir en parlant des dangers du chemsex dans tous les milieux, notamment étudiants, et en formant les magistrats et les policiers pour lutter contre cette nouvelle pratique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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