đŸŽ€ « Sans robots, je ne vois pas comment nos sociĂ©tĂ©s vont tenir » (Jean-Louis Constanza, Wandercraft)
Monde Numérique - Actu Tech

đŸŽ€ « Sans robots, je ne vois pas comment nos sociĂ©tĂ©s vont tenir » (Jean-Louis Constanza, Wandercraft)

·1h 9m
Télécharger
Dans ce nouvel Ă©pisode de la sĂ©rie INNOVATEURS, consacrĂ©e Ă  celles et ceux qui font l’innovation, je reçois Jean‑Louis Constanza, cofondateur de Wandercraft, l’une des startups françaises les plus avancĂ©es dans la robotique humanoĂŻde. Parti d’un projet profondĂ©ment personnel — aider son fils Ă  remarcher — Jean‑Louis Constanza raconte comment Wandercraft est devenu un acteur majeur des exosquelettes mĂ©dicaux avant de se lancer dans les robots humanoĂŻdes industriels. Il revient sur la naissance de Calvin, le robot dĂ©veloppĂ© avec Renault, capable de porter des charges lourdes dans les usines, et explique pourquoi la robotique reprĂ©sente selon lui un enjeu stratĂ©gique majeur pour l’Europe. Il partage Ă©galement sa vision de l’innovation, son regard sur l’intelligence artificielle, les bouleversements Ă  venir sur l’emploi et les raisons pour lesquelles il estime que les robots humanoĂŻdes vont transformer profondĂ©ment notre Ă©conomie et notre sociĂ©tĂ©. Interview : Jean-Louis Constanza, cofondateur de WandercraftPunchlines- Les robots vont crĂ©er et remplacer des emplois.- La robotique, c’est le dernier train europĂ©en Ă  prendre.- On ne voit pas encore ce que cette rĂ©volution va produire.- L’innovation, ce n’est pas l’invention, c’est la diffusion.- Ceux qui n’auront pas de robots seront dĂ©classĂ©s.Comment est nĂ©e Wandercraft ?L’histoire de Wandercraft est directement liĂ©e Ă  mon fils Oscar, qui a perdu la marche trĂšs jeune Ă  cause d’une maladie gĂ©nĂ©tique. Un jour, il m’a demandĂ© pourquoi, puisque j’étais ingĂ©nieur en robotique, je ne fabriquais pas un robot pour l’aider Ă  marcher. À l’époque, la marche robotique Ă©tait encore un sujet de laboratoire. J’ai alors rencontrĂ© Nicolas Simon, un ingĂ©nieur visionnaire, et nous avons dĂ©cidĂ© de crĂ©er un exosquelette totalement auto-Ă©quilibrĂ©. L’idĂ©e n’était pas simplement de faire bouger des jambes, mais de crĂ©er un vĂ©ritable robot humanoĂŻde capable de marcher seul. Douze ans plus tard, Wandercraft Ă©quipe aujourd’hui plus de 150 hĂŽpitaux dans le monde avec ses exosquelettes mĂ©dicaux. Pourquoi avoir Ă©voluĂ© vers les robots humanoĂŻdes industriels ?Nous avons compris que notre plateforme robotique avait un potentiel bien plus large. Nos exosquelettes Ă©taient dĂ©jĂ  capables de porter des charges lourdes avec une stabilitĂ© extrĂȘme. Quand Renault est venu nous voir, l’idĂ©e Ă©tait claire : utiliser cette technologie pour les tĂąches pĂ©nibles et dangereuses dans les usines. Nous avons alors dĂ©veloppĂ© Calvin 40, un robot humanoĂŻde conçu en quarante jours capable de porter quarante kilos. Aujourd’hui, Calvin travaille dĂ©jĂ  sur des lignes de production automobile. Il transporte des pneus, des caisses et des charges rĂ©pĂ©titives que les humains supportent difficilement pendant huit heures d’affilĂ©e. Les robots humanoĂŻdes Ă  la maison sont-ils proches ?Oui, mais pas immĂ©diatement. On sait dĂ©jĂ  comment construire ces robots. Le vrai dĂ©fi, c’est la sĂ©curitĂ© et la fiabilitĂ©. Dans une maison, un robot doit pouvoir interagir avec des humains, Ă©viter un enfant, un animal, des objets fragiles et manipuler des charges importantes sans danger. Cela demande un niveau de sĂ©curitĂ© extrĂȘmement Ă©levĂ©. Je pense qu’il faudra encore trois Ă  quatre ans avant de voir des tests sĂ©rieux dans des environnements domestiques. Mais le vĂ©ritable enjeu n’est pas de faire un robot qui passe l’aspirateur. Le sujet majeur, ce sont les personnes ĂągĂ©es, les personnes handicapĂ©es et la disparition progressive des aidants humains. Sans robots, je ne vois pas comment nos sociĂ©tĂ©s vont faire face au vieillissement dĂ©mographique. Qu’est-ce que l’innovation selon toi ?L’innovation, c’est apporter quelque chose de profondĂ©ment utile que les gens n’avaient jamais vu auparavant. Une technologie vraiment innovante ressemble toujours un peu Ă  de la magie. Mais l’innovation ne se limite pas Ă  l’invention. Le plus difficile, c’est de transformer une invention en produit largement diffusĂ©. Et cela demande Ă©normĂ©ment de rĂ©sistance. Toute innovation rencontre du scepticisme, du cynisme ou du rejet. On vous explique constamment que ce n’est pas possible, que ce n’est pas utile ou que cela ne marchera jamais. C’est prĂ©cisĂ©ment pour cela que l’innovation reste l’une des aventures humaines les plus difficiles. HĂ©bergĂ© par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

© 2026 FrancoPod

Language
Site