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Choses à Savoir TECH VERTE - Face à l’IA, l’Europe s’en prend aux particuliers ?
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L’Europe accélère sur les data centers, mais elle découvre aussi le prix énergétique de cette ambition. Selon les projections disponibles, la capacité des centres de données européens doit passer de 12 gigawatts en 2025 à 28 gigawatts d’ici 2030. Dans ce contexte, la Commission européenne a annoncé de nouvelles normes minimales de performance pour les installations, qu’elles soient nouvelles ou déjà existantes. L’objectif affiché est simple : encadrer un secteur devenu stratégique pour l’intelligence artificielle, le cloud et la souveraineté numérique. Mais un point sensible reste en suspens. Un label de durabilité, censé prendre en compte la consommation d’eau et l’approvisionnement en énergie propre, était attendu. Il n’a finalement pas été publié. En cause : un débat encore ouvert sur le traitement des data centers alimentés par de l’électricité nucléaire. Cette initiative s’inscrit dans un paquet plus large sur la souveraineté technologique européenne, qui comprend aussi un règlement sur le cloud et l’IA, ainsi qu’une révision du Chips Act, le texte destiné à renforcer la production de semi-conducteurs en Europe. Le cas irlandais montre l’urgence du sujet. En 2024, les data centers y ont consommé 22 % de toute l’électricité nationale, plus que l’ensemble des foyers urbains du pays. En août 2024, un troisième data center de Google a même été refusé dans le sud de Dublin, faute de capacité suffisante sur le réseau et d’énergie renouvelable disponible sur place. La pression ne concerne pas seulement l’Irlande. Des études citées par la Commission indiquent que la concentration rapide des data centers peut faire grimper les coûts de l’électricité de 20 à 40 % dans certaines zones européennes, notamment à Paris. En France, leur consommation électrique a déjà augmenté de 38 % en trois ans, avec une forte concentration en région parisienne. Le problème est clair : les normes annoncées améliorent l’efficacité des installations, mais elles ne disent pas encore qui paie la facture. Aucun mécanisme ne répartit aujourd’hui clairement le coût entre opérateurs numériques et consommateurs résidentiels. Alors que les projets d’usines IA géantes se multiplient, une question devient centrale : l’Europe peut-elle bâtir sa souveraineté numérique sans faire porter aux ménages le poids énergétique de cette course ? Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
