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Choses à Savoir TECH VERTE - Turkménistan : bombe climatique à retardement ?
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Le méthane est souvent moins médiatisé que le dioxyde de carbone, mais son rôle dans le réchauffement climatique est crucial. C’est même le deuxième gaz à effet de serre le plus important, responsable d’environ un quart du réchauffement d’origine humaine. Sa particularité ? Une durée de vie plus courte dans l’atmosphère, mais un pouvoir réchauffant extrêmement élevé : sur vingt ans, il retient jusqu’à 86 fois plus de chaleur que le CO₂ à masse égale. Pour mieux comprendre d’où viennent ces émissions, des chercheurs de l’université de Californie à Los Angeles ont mené une enquête inédite à l’aide de satellites d’observation. Ces instruments permettent de détecter depuis l’espace des « panaches » de méthane — autrement dit des fuites invisibles à l’œil nu, mais mesurables grâce à leur signature chimique. Leur analyse, portant sur l’année 2025, identifie les 25 sites industriels les plus polluants au monde dans le secteur du pétrole et du gaz. Et le résultat est frappant : 15 de ces 25 “super-émetteurs” se trouvent au Turkménistan, un pays rarement évoqué dans les débats climatiques. Les deux sites les plus émetteurs, situés dans la ville d’Esenguly, rejettent chacun plus de 10 tonnes de méthane par heure. Derrière, on retrouve plusieurs installations au Venezuela et en Iran. Un seul site américain figure dans le classement : à Stanton, au Texas, avec environ 5,5 tonnes par heure. À l’échelle climatique, ces chiffres sont vertigineux. Une fuite moyenne de ce classement — autour de 5 tonnes par heure — peut avoir, sur une année, le même impact qu’une centrale à charbon ou qu’un million de SUV. Le plus frappant, c’est que ces émissions ne sont pas inévitables. Selon les chercheurs, elles proviennent essentiellement d’infrastructures vieillissantes ou mal entretenues. En clair, des équipements défectueux qui laissent échapper du gaz… qui pourrait pourtant être capté et revendu. Autrement dit, une partie du problème pourrait être résolue avec des réparations relativement simples. Cette étude met en lumière un enjeu clé : réduire les fuites de méthane est l’un des moyens les plus rapides d’agir sur le climat à court terme. Car contrairement au CO₂, ses effets diminuent rapidement si les émissions baissent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
