
Aminata Diallo est l’une des figures qui ont profondément transformé la pratique du taekwondo en France. Dans cet épisode, elle raconte un parcours construit sur près de trente ans, depuis ses débuts en 1995 dans un taekwondo exigeant et traditionnel, jusqu’à son rôle dans l’émergence du body taekwondo. Adolescente introvertie à ses débuts, elle trouve dans les arts martiaux bien plus qu’un sport : un équilibre, une structure, un point d’ancrage. Au fil des années, elle évolue entre pratique, compétition sans quête du haut niveau, puis formation et transmission. Responsable de formation en région, elle observe, expérimente et affine sa vision d’un taekwondo qui doit s’adapter sans se perdre. En 2008, au CREPS de Boulouris, elle participe à la création du body taekwondo, une approche qui mêle musique, cardio et mouvements issus des arts martiaux. Une pratique qui bouscule les codes traditionnels et ouvre la discipline à un nouveau public, plus large, souvent éloigné des circuits classiques. Mais au-delà du concept, Aminata interroge ce qui fait réellement vivre une pratique. Elle revient sur la transmission, sur l’énergie d’un cours, sur la connexion entre un enseignant et ses élèves. Et sur cette question, simple en apparence, mais rarement explorée : pourquoi aime-t-on vraiment le taekwondo ? Elle évoque également son engagement à travers son association Oshun Sport et Danse, inspirée de la divinité yoruba Oshun, à travers laquelle elle accompagne des femmes en reconstruction, en utilisant le mouvement comme un levier de transformation physique et mentale. Un échange sur l’évolution d’une discipline, sur le sens qu’on lui donne, et sur ce qu’elle peut apporter bien au-delà du cadre du sport.
