Les astronomes, physiciens, astrophysiciens et autres savants n’ont pas tout découvert n’ont pas tout étudié. Un phénomène fréquent, méconnu pourtant, parsème l’univers : le trou de mémoire. Le trou de mémoire est un lieu où la matière est si creuse, le vide si dense que rien ne s’en échappe : Pas une image Pas la lumière pas un son pas une parole. Pas même un souvenir. Dans une galaxie anonyme dans un de ces trous de mémoire près d’une pâle étoile sur une planète d’oubli vit Koon Koon est seul mais l’ignore On est toujours solitaire sur une planète d’oubli chichement éclairée par un soleil si vacillant que la nuit égale le jour. Koon ignore qu’il se nomme Koon. D’ailleurs il ne se nomme pas Seul depuis toujours, un nom lui est totalement inutile. Koon est l’onomatopée qu’il émet dans chacun des actes quotidiens qu’il répète sans le savoir. Koon est né une masse à la main alors Koon frappe. « Koon ! Koon ! Koon ! » frappe la masse sur le roc. « Koon ! Koon ! Koon ! » Ahane Koon cognant. Koon poursuit un but. Mais sur une planète d’amnésie ce but depuis longtemps s’est dilué dans les limbes de son cerveau. Koon souffre sans le savoir. Il souffre de la solitude. Personne ne lui a appris ce qu’est la solitude. Dans son hébétude Koon cherche l’autre. Sa masse ne peut que détruire ce qu’elle frappe. Alors Koon détruit.
