🔊 “Artavazd Pelechian” La nature, Les saisons : deux films d’un cineaste lĂ©gendaireĂ  la Fondation Cartier pour l’art contemporain, Parisdu 24 octobre 2020 au 7 mars 2021
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🔊 “Artavazd Pelechian” La nature, Les saisons : deux films d’un cineaste lĂ©gendaireĂ  la Fondation Cartier pour l’art contemporain, Parisdu 24 octobre 2020 au 7 mars 2021

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“Artavazd Pelechian” La nature, Les saisons : deux films d’un cineaste lĂ©gendaire Ă  la Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris du 24 octobre 2020 au 7 mars 2021 Extrait du communiquĂ© de presse : Commissaires de l’exposition : HervĂ© ChandĂšs et Thomas Delamarre, assistĂ©s de Sidney GĂ©rard La Fondation Cartier pour l’art contemporain est heureuse d’annoncer la prĂ©sentation en premiĂšre mondiale de La Nature , le nouveau film du lĂ©gendaire cinĂ©aste Artavazd Pelechian, fruit d’une commande passĂ©e en 2005 par la Fondation Cartier et le ZKM Filminstitut (*). Ce film est l’aboutissement de quinze annĂ©es de travail d’un rĂ©alisateur Ă  la filmographie aussi rare que cĂ©lĂ©brĂ©e. L’exposition propose un dialogue inĂ©dit entre La Nature (1h02 mn), son premier film depuis 27 ans, et une oeuvre historique du rĂ©alisateur, Les Saisons (29 mn), ode au monde paysan (1972-1975). Elle permet de mettre en lumiĂšre cet artiste majeur du septiĂšme art, encore trop mĂ©connu du grand public, et de rendre justice Ă  une oeuvre lyrique aux accents parfois prophĂ©tiques. La Fondation Cartier poursuit ainsi sa collaboration de longue date avec le cinĂ©aste. Depuis prĂšs de vingt ans, elle a dĂ©veloppĂ© une profonde complicitĂ© avec Artavazd Pelechian dont elle a cĂ©lĂ©brĂ© l’oeuvre Ă  de multiples reprises. Ses films ont notamment Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s Ă  l’occasion des expositions Un Art populaire (2001), Ce qui arrive (2002), Les Habitants, pour le trentiĂšme anniversaire de la Fondation Cartier (2014), ainsi que lors d’expositions de la collection de la Fondation Cartier Ă  Buenos Aires (2017), Shanghai (2018) et prochainement Ă  la Triennale de Milan (avril-septembre 2021). NĂ© en ArmĂ©nie, Artavazd Pelechian a créé l’essentiel de son oeuvre Ă  Moscou entre 1964 et 1993. Pendant prĂšs de trente annĂ©es, au coeur du systĂšme soviĂ©tique, il rĂ©alise neuf films, courts ou moyens mĂ©trages Ă  la facture unique, presque exclusivement en noir et blanc, constituĂ©s d’images documentaires. Archives ou prises de vues rĂ©elles tournĂ©es par le cinĂ©aste, ces images sont retravaillĂ©es (ralenties, recadrĂ©es, inversĂ©es) et montĂ©es ensemble pour aboutir Ă  de vĂ©ritables poĂšmes visuels qui Ă©chappent Ă  la distinction classique entre fiction et documentaire. Prenant appui sur des thĂšmes universels, tels que la naissance, l’exil, ou la vie animale, chacun de ses films tĂ©moigne de la croyance d’Artavazd Pelechian en un langage propre au cinĂ©ma. Son Ă©criture, qui se passe de toute narration, associe subtilement, et en leur accordant la mĂȘme importance, l’image et la bande sonore. Ainsi qu’il l’explique en 1992 Ă  Jean-Luc Godard : « Je cherche un montage qui crĂ©erait autour de lui un champ magnĂ©tique Ă©motionnel. » (**) CinĂ©ma de l’émotion, sans dialogue, sans acteur et sans histoire, son oeuvre emporte le spectateur par son lyrisme envoĂ»tant et pose un regard tranchant, et nĂ©anmoins plein d’empathie, sur la condition humaine. DĂ©couvert avec saisissement en Occident au dĂ©but des annĂ©es 80 par le critique de cinĂ©ma Serge Daney d’abord, puis par Jean-Luc Godard, le cinĂ©aste trouve dĂšs lors sa place parmi les grandes figures du cinĂ©ma mondial. A propos de cette dĂ©couverte, Serge Daney Ă©crit alors : « J’ai soudain le sentiment (agrĂ©able) de me trouver face Ă  un chaĂźnon manquant de la vĂ©ritable histoire du cinĂ©ma. » (***) Alors que l’on a longtemps cru sa filmographie achevĂ©e avec la rĂ©alisation du film La Vie en 1993, Artavazd Pelechian revient aujourd’hui avec un nouveau film, sobrement intitulĂ© La Nature, Ă  travers lequel il observe une nouvelle fois la prĂ©caire cohabitation des communautĂ©s humaines avec leur environnement, un thĂšme central dans son oeuvre. GlanĂ©es sur internet, la plupart des images qui constituent ce film sont des tĂ©moignages fragiles tournĂ©s avec des moyens amateurs au coeur de la nature et de ses secousses, qui rĂ©guliĂšrement bouleversent ces communautĂ©s. Éruptions volcaniques, tremblements de terre, tsunamis constituent ainsi la trame visuelle du film et sont mis en regard d’images de paysages naturels grandioses. VĂ©ritable Ă©lĂ©gie visuelle, le film dresse le constat sans appel de la supĂ©rioritĂ© de la nature, force implacable capable de surpasser toute ambition humaine. Le cinĂ©aste semble ainsi nous rappeler que l’espĂšce humaine ne sortira pas victorieuse du dĂ©sordre Ă©cologique qu’elle a créé. Pour dialoguer avec ce film-Ă©vĂ©nement, la Fondation Cartier propose la redĂ©couverte de l’un des joyaux de la filmographie d’Artavazd Pelechian : Les Saisons , datant de 1975. Il met en scĂšne une communautĂ© de paysans armĂ©niens et tĂ©moigne du rapport humble qu’ils entretiennent avec l’environnement naturel au sein duquel ils vivent et travaillent. Au fil des saisons, on observe ces agriculteurs et bergers prendre soin de leurs champs et de leurs troupeaux, et faire littĂ©ralement corps avec le paysage. L’approche musicale du montage cinĂ©matographique chez Artavazd Pelechian atteint avec ce film des sommets d’intensitĂ©. Le lien symbiotique qui semble unir ces paysans Ă  leur environnement offre un contrepoint saisissant aux visions de fin du monde du film La Nature. Ainsi rĂ©unies, ces deux oeuvres essentielles engagent un dialogue qui rĂ©sonne profondĂ©ment avec les enjeux du prĂ©sent. ComplĂ©tĂ©e par une salle consacrĂ©e Ă  la vie et Ă  l’oeuvre du cinĂ©aste, enrichie d’images et de documents d’archives, l’exposition dresse un portrait unique de ce cinĂ©aste dont la filmographie occupe une place Ă  part dans l’histoire du cinĂ©ma. (*) Zentrum fĂŒr kunst und medien (Centre d’art et de technologie des mĂ©dias), Karslruhe (Allemagne). (**) « Un langage d’avant Babel », conversation entre Artavazd Pelechian et Jean-Luc Godard, propos recueillis par Jean-Michel Frodon, Le Monde, Ă©dition du 2 avril 1992. (***) Serge Daney, LibĂ©ration, Ă©dition du 11 aoĂ»t 1983. HĂ©bergĂ© par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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