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đ âLes intermittences du cĆurâ Baptiste Rabichon & Fabrice LarocheĂ la galerie binome, Parisdu 16 mars au 15 mai 2021
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âLes intermittences du cĆurâ Baptiste Rabichon & Fabrice Laroche Ă la galerie binome, Paris du 16 mars au 15 mai 2021 Extrait du communiquĂ© de presse : Performance en laboratoire dĂ©veloppĂ©e Ă quatre mains par Baptiste Rabichon et Fabrice Laroche, Les intermittences du coeur sont une sĂ©rie dâĂ©preuves chromogĂšnes tirĂ©es Ă partir dâautochromes originaux, par dĂ©finition irreproductibles. Par delĂ le dĂ©fi technique que reprĂ©sentent ces grands tirages analogiques couleur, le binĂŽme joue sur la magie de la rĂ©vĂ©lation Ă plus dâun titre, exaltant dâintimes rapports Ă lâimage. Une folle aventure photographique, Ă lâinstar de celles qui ont construit lâHistoire de la photographie depuis ses origines, entre invention et passion. Dâune histoire lâautre En 2017, Baptiste Rabichon, tout juste diplĂŽmĂ© du Fresnoy, est laurĂ©at de la rĂ©sidence BMW Ă Gobelins â Ăcole de lâimage, oĂč il rencontre Fabrice Laroche, enseignant en photographie. Ce dernier observe les manipulations photographiques du jeune artiste, des prises de vue et collages argentiques aux photogrammes corporels gĂ©ants, pour ce qui allait constituer les sĂ©ries des Albums et des Balcons prĂ©sentĂ©es lâannĂ©e suivante aux Rencontres dâArles et Ă Paris Photo. Outre cette agilitĂ© Ă expĂ©rimenter les procĂ©dĂ©s photographiques traditionnels, Laroche perçoit chez Rabichon sa considĂ©ration du vĂ©gĂ©tal et des fleurs, motifs rĂ©currents dans son travail. Il va lâenchanter en lui prĂ©sentant un ensemble dâautochromes originaux, datĂ©s entre 1910 et 1917. Fabrice Laroche sâest vu confier ces plaques de verre par un ami jardinier, qui les tenait de son arriĂšre-grand-tante, laquelle les avait reçues en cadeau. Jeanne a Ă©tĂ© lâune des gouvernantes dâAlbert Kahn et lâa accompagnĂ© passionnĂ©ment les derniĂšres annĂ©es de sa vie. Le coffret sâest transmis Ă travers les gĂ©nĂ©rations jusquâau partage entre lâhĂ©ritier jardinier et le dĂ©positaire photographe, pour en imaginer une postĂ©ritĂ©. Se dĂ©couvrant une passion commune pour lâexpĂ©rimentation, Baptiste Rabichon et Fabrice Laroche vont travailler Ă rĂ©vĂ©ler la fascination opĂ©rĂ©e par ces merveilleux objets. A lâinstar de petites machines Ă remonter le temps, ils projettent le spectateur dans une Ă©poque oĂč la modernitĂ© de lâautochrome permettait Ă la photographie de rivaliser avec la peinture dans la reprĂ©sentation de la nature et des paysages. Un hĂ©ritage dâune grande charge Ă©motionnelle qui dĂ©cide Rabichon & Laroche Ă exploiter la dimension secrĂšte de ces vestiges photographiques. Titre gigogne, Les Intermittences du coeur Ă©voque autant cette dĂ©marche introspective que la succession dâhistoires rĂ©vĂ©lĂ©es par lâexploration de ces autochromes, telle une saga. EmpruntĂ© Ă Marcel Proust, ce titre dâun chapitre de La recherche du temps perdu est aussi prĂ©sentĂ© comme le titre cachĂ©, celui que lâĂ©crivain avait initialement envisagĂ© de donner Ă son roman. Pour Rabichon & Laroche, il rĂ©tablit la chaĂźne des liens tissĂ©s entre tous les passeurs des photographies dâAlbert Kahn jusquâĂ leur oeuvre finale. Le tirage dâaprĂšs autochrome, un dĂ©fi technique Lâautochrome est un procĂ©dĂ© de restitution photographique des couleurs brevetĂ© en 1903 par les frĂšres LumiĂšre. Câest la premiĂšre technique industrielle de photographie couleur en produisant des images positives sur plaques de verre. Lâautochrome nâa donc pas vocation Ă ĂȘtre tirĂ© sur papier, lâimage est directement visible par rĂ©troĂ©clairage. Au demeurant, les plaques restent dâun format assez rĂ©duit, en lâoccurence 9 x 12 cm, ce qui induit une grande proximitĂ© entre le sujet et le regard du spectateur qui doit scruter lâimage au plus prĂšs, si ce nâest avec une loupe pour la perception des dĂ©tails. Prenant le contre-pied de cette esthĂ©tique de la miniature, le binĂŽme commence par une projection plus monumentale, Ă lâĂ©chelle du mur de leur grand laboratoire, Ă lâintĂ©rieur de laquelle ils viennent cadrer des morceaux choisis. Cette libre immersion dans les Jardins du monde dâAlbert Kahn, est fixĂ©e en nĂ©gatif sur un premier tirage, qui servira de contact lors dâune seconde projection pour restituer lâimage en positif. Ce travail Ă mĂȘme la surface du mur, compte tenu de la taille des tirages, parfois de plus de deux mĂštres, implique lâengagement de tout le corps, bras dĂ©ployĂ©s pour maintenir les bords et les angles, assurer le contact entre les deux Ă©preuves. Cette pression alĂ©atoire entre les deux surfaces insolĂ©es gĂ©nĂšre comme dâĂ©tranges mises au point dans le paysage, avec ses zones de flou ou de nettetĂ©. Un bond spatio-temporel dans une matiĂšre-couleur Mais le plus surprenant rĂ©side dans la perception de la couleur. Selon une analogie avec lâhistoire de la peinture, que le thĂšme de la variation autour dâun mĂȘme jardin oriente inexorablement, lâeffet semble vĂ©ritablement pointilliste. De prĂšs, le motif se brouille en une abstraction de points colorĂ©s pour se recomposer avec du recul. TrĂšs visible, la trame dans lâimage pourrait ĂȘtre celle dâune sĂ©rigraphie ou dâune impression offset. Tandis que la simplification manifeste de la palette de couleurs, en trichromie (orange, vert, violet), permettrait tout autant un bond spaciotemporel dans une image digitale et pixellisĂ©e. Sous lâeffet de lâagrandissement, les millions de grains microscopiques de fĂ©cule de pomme de terre compressĂ©s Ă la surface de la plaque de verre, pour constituer le filtre de lâautochrome, semblent Ă©clater Ă la maniĂšre dâun bruit numĂ©rique : un anachronisme visuel qui rĂ©gĂ©nĂšre lâimage et son motif dans lâoeil du spectateur contemporain habituĂ© Ă la synthĂšse RVB (rouge, vert, bleu) Ă la surface de ses Ă©crans. Pour le nĂ©ophyte en photographie, la perte de repĂšres paraĂźt renforcĂ©e par une Ă©nigme, celle des ronds noirs ou blancs sur les bords du papier. Empreintes en positif ou nĂ©gatif des aimants qui tiennent le papier au mur lors des phases successives de tirage, ils constituent au contraire la preuve de la matĂ©rialitĂ© du dispositif. En 1932, les frĂšres LumiĂšre annonçaient lâabandon de la production des autochromes, faute de reproductibilitĂ© possible de lâimage. Ă lâĂšre de lâhyper-reproductibilitĂ© et de la dĂ©matĂ©rialisation des images, Rabichon & Laroche relĂšvent le dĂ©fi dâune nouvelle surface tangible dans la réécriture du passĂ© : lâuchronie en photographie. Une ambition qui transcende Ă la fois lâoeuvre immense dâAlbert Kahn, le secret dĂ©vouement de Jeanne, et la disparition tragique de lâami jardinier qui ne verra pas lâhommage rendu Ă son aĂŻeule. Dans lâintimitĂ© du laboratoire, lâesthĂ©tique du travail traduit aussi lâexaltation dâune expĂ©rience mĂȘlĂ©e dâintuition et de hasard. Une tentative Ă ajouter dans les annales de la photographie. HĂ©bergĂ© par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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