
L’esprit critique
PARTIE 2 -EP 154, autour de "Vertu et Rosalinde" d'Anne Serre, au Mercure de France
·13 min
Vertu et Rosalinde est le titre relativement étrange d’un livre pas nécessairement facile à saisir. Il est signé Anne Serre et est publié au Mercure de France. Tout ne s’éclaire pas tout à fait même lorsqu’on sait que Vertu et Rosalinde sont deux personnages féminins que l’on retrouve à la campagne, en train d’écrire. Le roman est en effet éclaté en trente chapitres courts de seulement deux, trois ou quatre pages. L’identité de la narratrice fluctue de l’enfance à l’âge adulte tout en changeant de prénom. Et le ton alterne entre le mordant et le léger, entre une écriture qui brouille les frontières, pouvant sembler aussi bien cynique qu’enfantine. On assiste aussi bien à un match entre l’équipe des Vic – « constituée de trente-deux filles victimes – d’inceste, de pédophilie, de gestes inappropriés, mais aussi d’injustice sociale pour certaines ayant grandi dans des milieux ou pauvres ou bêtes ou sans intérêt » et l’équipe des Non-Vic à la description de correspondances décrites en ces termes : « Parfois je recevais des lettres d’admirateur(s) (trices) qui arrivaient chez mon éditrice, et mon sentiment général lorsque je les ouvrais chez moi, c’était que les gens qui m’admiraient portaient toujours de drôles de noms habitaient toujours à de drôles adresses. » Anne Serre est l’autrice d’une quinzaine de romans mais a aussi reçu le prix Goncourt de la nouvelle, en 2020, pour un recueil qui s’intitulait Au cœur d’un été tout en or. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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