đŸŽ€ Interview – L’Europe peut-elle vraiment rattraper son retard dans le cloud ? (Damien Lucas, Scaleway)
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đŸŽ€ Interview – L’Europe peut-elle vraiment rattraper son retard dans le cloud ? (Damien Lucas, Scaleway)

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Damien Lucas explore les enjeux de souverainetĂ©, de puissance de calcul et d’indĂ©pendance technologique Ă  l’heure oĂč l’IA redĂ©finit le marchĂ© du cloud pour les entreprises. Interview : Damien Lucas, CEO de ScalewayEn quoi l’adoption massive de l’IA change-t-elle les besoins des entreprises dans le cloud ?L’IA transforme avant tout la maniĂšre dont nos clients utilisent leurs donnĂ©es. Pour entraĂźner ou exploiter des modĂšles, il faut rapprocher l’IA de la data. Comme le rappelle souvent l’industrie, envoyer toutes ses donnĂ©es chez des acteurs extĂ©rieurs comme OpenAI n’est pas viable Ă  long terme : cette data est stratĂ©gique. Notre rĂŽle, chez Scaleway, est donc de fournir un cloud souverain, immunisĂ© aux lois extraterritoriales et indĂ©pendant des technologies amĂ©ricaines, afin que les entreprises dĂ©veloppent leurs infrastructures IA sans compromis. Comment Scaleway renforce-t-il sa capacitĂ© technologique face Ă  la demande croissante en puissance de calcul ?Nous investissons massivement dans les GPU, dĂ©sormais indispensables aux grands modĂšles de langage et Ă  des usages Ă©mergents comme l’agentique ou la robotique. Nous avons Ă©tĂ© les premiers en Europe Ă  proposer les nouveaux GPU NVIDIA Blackwell B300. En parallĂšle, nous soutenons l’écosystĂšme europĂ©en : les modĂšles d’agentique dĂ©veloppĂ©s par la startup française H sont par exemple disponibles dans notre cloud. Notre rĂ©seau de data centers — de Paris Ă  Stockholm, en passant bientĂŽt par Berlin — garantit une haute disponibilitĂ© tout en maintenant une souverainetĂ© forte. Quelles sont les raisons concrĂštes qui poussent une entreprise Ă  choisir Scaleway plutĂŽt qu’un hyperscaler amĂ©ricain ?Trois raisons principales reviennent. D’abord, la souverainetĂ© : nos clients veulent Ă©viter la dĂ©pendance aux technologies amĂ©ricaines comme AWS ou Google Cloud, et protĂ©ger leurs donnĂ©es des lois extra-europĂ©ennes. Ensuite, le prix : nous sommes significativement moins chers, notamment parce que nous ne facturons pas les egress fees, ces frais de sortie que les hyperscalers imposent systĂ©matiquement. Enfin, nous couvrons 90 % des besoins cloud du marchĂ© grĂące Ă  une offre d’environ 200 produits, bien plus simple Ă  maĂźtriser que les 600 services proposĂ©s par AWS. La migration depuis AWS ou Google Cloud est-elle rĂ©ellement accessible pour une startup ou une grande organisation ?Oui, trĂšs clairement. Si l’entreprise a adoptĂ© des standards modernes comme Kubernetes, Terraform ou une architecture microservices, la migration est fluide : on traduit l’infrastructure existante et on la redĂ©ploie chez Scaleway. Le frein principal est financier : comme lors d’un dĂ©mĂ©nagement physique, le double loyer pĂšse lourd. C’est pourquoi nous proposons une “franchise de loyer”, avec plusieurs mois gratuits pour absorber la pĂ©riode de transition et Ă©viter les coĂ»ts doublĂ©s. L’Europe a-t-elle encore une chance de devenir un acteur majeur du cloud ?Absolument. La transformation induite par l’IA reprĂ©sente une rupture technologique qui pousse toutes les entreprises Ă  reconsidĂ©rer leur fournisseur cloud pour les annĂ©es Ă  venir. Les acteurs europĂ©ens existent, la technologie est lĂ , et les signaux politiques — comme ceux du sommet franco-allemand sur la souverainetĂ© numĂ©rique — montrent une prise de conscience forte. Avec trois ou quatre champions solides, l’Europe peut tout Ă  fait rivaliser avec les États-Unis. Il ne manque plus que la commande publique et privĂ©e pour accĂ©lĂ©rer cette dynamique. HĂ©bergĂ© par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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