🔎 RĂ©seaux sociaux interdits aux moins de 15 ans : une loi impossible Ă  appliquer ? (Zoom Tech)
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🔎 RĂ©seaux sociaux interdits aux moins de 15 ans : une loi impossible Ă  appliquer ? (Zoom Tech)

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AdoptĂ©e en dĂ©but de semaine par l’AssemblĂ©e nationale, la loi visant Ă  interdire l’accĂšs aux rĂ©seaux sociaux aux moins de 15 ans affiche une ambition forte. Mais entre contraintes europĂ©ennes, dĂ©fis techniques et risques de dĂ©rives sĂ©curitaires, son application soulĂšve de nombreuses interrogations. Une loi adoptĂ©e, mais encore trĂšs thĂ©oriqueLe texte votĂ© en dĂ©but de semaine prĂ©voit d’interdire l’accĂšs aux rĂ©seaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, avec une entrĂ©e en vigueur envisagĂ©e dans le courant de l’annĂ©e, idĂ©alement dĂšs la prochaine rentrĂ©e scolaire. L’objectif est de mieux protĂ©ger les jeunes face aux dĂ©rives des plateformes numĂ©riques et de donner davantage de leviers aux parents. Sur le plan politique, le signal est clair. Dans les faits, la loi ouvre surtout une sĂ©rie de difficultĂ©s qui pourraient fortement limiter sa portĂ©e rĂ©elle. Un verrou juridique Ă  l’échelle europĂ©ennePremier obstacle : le droit europĂ©en. La France peut dĂ©cider d’une interdiction sur son territoire, mais elle ne peut pas imposer seule aux grandes plateformes de mettre en place des systĂšmes de vĂ©rification d’ñge rĂ©ellement contraignants. Ce pouvoir relĂšve de la Commission europĂ©enne, seule habilitĂ©e Ă  obliger juridiquement les gĂ©ants du numĂ©rique Ă  appliquer ce type de mesures. En l’état, la loi française apparaĂźt donc avant tout comme un message politique adressĂ© Ă  Bruxelles et aux autres États membres. VĂ©rifier l’ñge, un casse-tĂȘte techniquePour ĂȘtre effective, l’interdiction suppose un systĂšme fiable de vĂ©rification de l’ñge des utilisateurs. La solution privilĂ©giĂ©e repose sur le principe du « double anonymat » : l’utilisateur prouve son Ăąge auprĂšs d’un tiers de confiance, sans transmettre son identitĂ© Ă  la plateforme, et sans que ce tiers sache quels services sont utilisĂ©s. En France, ce mĂ©canisme pourrait s’appuyer sur les outils d’identification numĂ©rique existants. À l’échelle europĂ©enne, les espoirs reposent sur le futur portefeuille d’identitĂ© numĂ©rique, actuellement en phase de test dans plusieurs pays. Une solution prometteuse sur le papier, mais qui suscite de fortes inquiĂ©tudes en matiĂšre de cybersĂ©curitĂ© et de protection des donnĂ©es personnelles. L’exemple australien et les contournementsLe dĂ©bat est Ă©galement alimentĂ© par l’exemple australien, oĂč l’accĂšs aux rĂ©seaux sociaux est interdit aux moins de 16 ans depuis dĂ©cembre 2025. Les plateformes y ont supprimĂ© ou restreint plusieurs millions de comptes attribuĂ©s Ă  des mineurs. Mais les contournements restent nombreux : fausse dĂ©claration d’ñge, usage de VPN ou migration vers des applications non concernĂ©es par la loi. Une illustration des limites d’une interdiction technique face Ă  des usages numĂ©riques trĂšs adaptables. HĂ©bergĂ© par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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